<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842</id><updated>2009-02-23T06:41:55.718+01:00</updated><title type='text'>Beg / Steal / Borrow</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>23</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-984466312601894979</id><published>2007-09-13T22:23:00.001+02:00</published><updated>2007-09-13T22:23:10.728+02:00</updated><title type='text'>Unpaultitled</title><content type='html'>&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src="http://www.orionbooks.co.uk/graphics/covers/40521.jpg"&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, quoi faire ? Que dire ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas de disque bouleversant à interpreter, pas de films renversants à tenter de traduire en mots , pas de lecteurs pour ce blog de toute façon, plus&amp;nbsp;d'espoir pour cela comme pour tout, pas de vie à raconter. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je devrai rester silencieux. Et le fait que je ne suis pas ce conseil prouve qu'il reste en moi une petite étincelle d'espoir. Vraiment fine, chancelante, soufflée par le vent des idées noires de la réalité. Dans ces conditions, il s'agit sans doute d'un post isolé, une vaine tentative de renouer à ce qui pouvait me donner du plaisir avant. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Intéressant, d'ailleurs... Pourquoi blogger sur des choses et d'autres pouvaient me donner du plaisir il y a quelques années et ne le fait plus aujourd'hui ? Je pourrai arguer comme précédemment que tout est la faute de la médiocre production artistique actuelle sur laquelle j'ai de plus en plus de mal à rebondir, trop déphasé, trop lassé. Mais pourtant, j'aurai pu écrire sur, entre autres, pourquoi&amp;nbsp;"The Wire" est une série shakesperienne tandis que les "Sopranos" n'aurait sans doute pas été renié par les surréalistes, voire les absurdes et tout ce courant discontinue qui traverse le 21ème siècle. J'aurai pu le faire mais je ne l'ai pas fait, faute de véritable envie, faute d'y voir une récompense.&amp;nbsp;Alors je voyais sans doute dans l'écriture d'un blog (et, allez, l'écriture dans sa globalité), quelque chose que je n'y vois plus. Peut-être une mise en valeur de moi-même, de mes idées. Le fait qu'être lu, compris ou débattu pouvait être une récompense. Mais la patience s'use. Les débats dans le vide, je peux les faire sans internet, j'en ai l'habitude. La blogosphère est trop occupé à s'auto-citer, à name-dropper, à critiquer, à loler, et à essayer de gagner de l'argent avec googleads, pour se pencher sur moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors oui, c'est sans doute ça (et le fait que je devienne plus bête d'année en année). Je n'ai pas besoin du net pour être seul. La vie est suffisante. Enfin la vie ... Quelqu'un pourrait-il me définir ce qu'est vivre ? Ou bien au moins m'expliquer comment on fait. Je n'en ai vraiment aucune idée. Oh, parfois j'essaie, en vain. Ou alors je n'y prends aucun plaisir. C'est étrange, n'est-ce pas ? C'est comme ça, je n'y peux pas grand chose. Peut-être que j'ai une vie, mais il n'appartient qu'à moi. Aucun espoir de la partager, aucun moyen de faire en sorte qu'elle consiste en partager quelque chose, communiquer avec quelqu'un.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis quelqu'un de bien pourtant, je crois. Qu'est-ce qu'un monde qui ne réserve rien aux gens qui essaient d'être gentils ? Un monde où tout et tous&amp;nbsp;sont similaires, spécialement ceux qui crient le plus fort qu'il ne le sont pas. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce post n'avait vraiment aucun intérêt.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-984466312601894979?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/984466312601894979/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=984466312601894979' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/984466312601894979'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/984466312601894979'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2007/09/unpaultitled.html' title='Unpaultitled'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-3699841688551162879</id><published>2007-08-05T17:12:00.001+02:00</published><updated>2007-08-05T17:12:56.682+02:00</updated><title type='text'>Petit essai</title><content type='html'>&lt;p&gt;Je&lt;strike&gt; suis de retour&lt;/strike&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-3699841688551162879?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/3699841688551162879/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=3699841688551162879' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/3699841688551162879'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/3699841688551162879'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2007/08/petit-essai.html' title='Petit essai'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-115930214824408782</id><published>2006-09-26T22:16:00.000+02:00</published><updated>2006-11-13T23:29:11.636+01:00</updated><title type='text'>Message à durée limité</title><content type='html'>Information qui ne restera pas très longtemps ici :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.allendtomorrow.canalblog.com"&gt;www.allendtomorrow.canalblog.com&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en ai assez d'y être seul, même si ma solitude est dans la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous m'avez aimé une fois, quelques instants, allez-y. Peut-être pourriez-vous retomber amoureux encore, d'un mot, d'un son. Pas trop longtemps bien sûr. Vous pourriez vous lasser, ou pire, vous réveiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand vous y serez, pourquoi ne pas me le faire savoir ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-115930214824408782?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/115930214824408782/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=115930214824408782' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/115930214824408782'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/115930214824408782'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/09/message-dure-limit.html' title='Message à durée limité'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114392596779186023</id><published>2006-04-01T23:05:00.000+02:00</published><updated>2006-04-01T23:12:47.813+02:00</updated><title type='text'>Comme des chiens désespérés fouillaient la terre</title><content type='html'>&lt;img src=http://www.dherte.com/GALERIE%20THEATRE/image/dostoievski.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je marchais dans la rue, simplement, quand un garçon me prévient : « attention, votre lacet est défait. Vous risquez de trébucher et de tomber ». Jeune, idiot, curieux. Je lui réponds « Si seulement ». Je réfléchis à la façon dont je vais commencer à le frapper. Je pourrai simplement le pousser en arrière à l’aide de mes deux bras et compter sur son inexpérience, sur la faiblesse de ses membres mal formés pour qu’il perde l’équilibre. Je pourrai le toucher une seule fois, avec mon poing, au beau milieu de son visage, sur le nez, et entendre ce craquement symptomatique qui amène le sang à s’épandre de manière impressionnante, un peu comme quand on manipule trop brusquement une bouteille de champagne et que sous l’excitation de la soirée de Noël, ou remplacez avec n’importe quoi de faux et de puant, la bouteille se brise et que la boisson forme une bave blanche qui entache le sol et pénètre la moquette comme un pauvre mousseux un soir de disette, un soir de solitude, un anniversaire raté  où tous les invités ont oublié de venir parce qu’ils n’étaient tout bonnement pas invités. Ou encore je pourrai, mais là ce serait risqué, lever une de mes jambes douloureuses, me pencher très légèrement en arrière, essayer de maintenir mon équilibre le mieux possible, juste quelques secondes, juste le temps d’étendre ma jambe et qu’il sente et que je sente mon pied pénétrer entre ses côtés, les écarter, les soulever, jusqu’à toucher ses organes vitaux, dans le rapport le plus intime que nous n’aurons jamais, le rapport le plus intime qu’il ait connu avec une personne vivante, un être humain, sur terre, lors d’une si simple fin d’après midi d’avril, quelques secondes avant de mourir. Ensuite, quoi qu’il arrive, il serait déstabilisé, à de degrés divers, et je n’aurai plus qu’à enchaîner, sans même avoir à le choisir, sur le coup de grâce, peut-être que je prendrais son visage et que je l’enverrai s’écraser plusieurs fois de suite contre la façade dure et irrégulière de l’immeuble gris au pied duquel nous nous sommes croisés, de sorte que s’il ne meurt pas sous les coups, il finisse étouffé par les morceaux de béton que son crane aura lui-même détaché de la façade ; peut-être que je le finirai avec mes pieds, quand il sera à terre, profitant enfin pleinement des bouts pointus et durs de ses chaussures de luxe qui ont contribué à vider mon compte en banque ; peut-être qu’avec mes deux pouces, j’appuierai sur sa gorge pendant que mes mains retiendraient son visage et qu’avec ses yeux de plus en plus exorbités il me regarderait avec un air de pitié qui survivrait malgré tout, malgré la mort, à la douloureuse expulsion de ses globes oculaires hors de leurs cavités ; peut-être que je l’épargnerai. Ce serait un pari. Un pari sur la crédulité et la miséricorde du système. Je mise contre, bien entendu. Avec ce que je lui aurai déjà fait, je serai bon sur la prison bien entendu. Reste à savoir pour combien de temps. Quitte à gagner, autant mettre toutes les chances de mon côté. Je l’achèverai et j’appellerai moi-même la police. Je veux de la prison. N’importe où hors de ce monde. Alors pourquoi pas là ? J’ai 50 ans et j’en fait au bas mot quinze de plus. Avec un meurtre, agrémenté de violence aggravée, une peine de 30 ans me laisserait sans doute une marge assez grande pour crever. N’importe où, alors c’est là que je veux aller. Précisément là, et n’importe où . Dans une cellule, isolé, seul, sans rien d’autre que de toilettes, une table, un lit, impossible de sortir, impossible d’être traîné au dehors, à l’air frais, impossible de se retrouver dans la beauté des rues un matin d’été, même pas par le plus grave des malentendus. N’importe où, c’est là. Exactement là. Rien d’autre que moi, mes organes et mon cerveau. Mes souvenirs, mes regrets qui s’effaceront peu à peu. L’imagination qui prendra le dessus. La folie, la folie pure. N’importe où loin des autres. Et je me rends compte que le temps qu’il me faut pour étudier ces différentes façons de le tuer, il reste immobile face à moi pendant que je le dévisage, et c’est sans aucun doute le temps le plus long que je prends pour observer un être humain depuis des siècles, des millénaires peut-être, bien avant que les momies ne soient que des tas de cendres durcies, bien avant que le monde ne soit monde et que moi, d’hier, devienne moi, d’aujourd’hui. Et d’un coup, le temps me rattrape. Je ne fais rien pour le tuer. Je ne peux tout bonnement rien faire. Je n’arrive qu’à penser, à imaginer, impassible, impuissant, maudit, un vieil homme aigri, un imbécile fini, voilà tout ce que je suis, et c’est seulement à cet instant précis que je m’en rends compte. Cet instant précis où, pour tout avouer de la douleur, le garçon en face de moi enfonce son pied dans mes côtes. Trop tard pour espérer réagir, j’avais mis déjà tant de temps pour  réfléchir, comment aurai-je pu contre-attaquer ? Dans n’importe quelle situation, comment aurai-je pu le devancer, comment aurai-je pu effectuer le moindre mouvement de mon corps meurtri que je ne reconnais plus, comment aurai-je pu retourner le temps comme je tourne dos à la vie ? Qu’ai-je été stupide de croire en mes vieux réflexes, d’écouter ces voix autrefois si fidèles qui désormais me mentent, cherchent ma perte, trompent mon jugement, me détournent et m’amènent aussi vite que possible vers la mort. C’est un combat entre elles et moi. Je dois, JE DOIS, vivre et leur donner tort. Quel autre choix pour justifier mon existence et ces années sans cela perdues ? Je ne sais pas qui je suis aujourd’hui, je ne suis pas sûr de qui j’ai été avant, mais je sais que ce « je », ce « il », cette chose que je suis, doit survivre pour gagner. Ce n’est plus une question de réussir ni même d’être heureux. Il s’agit, simplement, de justifier une vie. Justifier toutes ces années que j’ai passé à espérer et à respirer et à continuer. C’est pour cela qu’à terre, brûlé jusque dans mes yeux par la douleur, je ne peux qu’admettre ma défaite. Mais si la terre est ordinaire, le destin est un chien enragé accroché à mon pantalon. Ce garçon, plutôt beau, les cheveux courts, les muscles bandés, la peau fine renforcé par l’expérience d’une brute, que je ne pouvais qu’imaginer étant moi-même sur le ventre, le visage contre le sol, s’arrête de me frapper. En fait, il ne m’a frappé qu’une seule et unique fois et se tient immobile, derrière moi. Il m’observe sans doute, attendant ma réaction. Je peux sentir ses yeux sur moi. Que faire d’autres que reprendre mon souffle ? Qu’attend-il de moi, je m’appuie sur mes jambes, étire mes orteils et me lève en soutenant mon corps de mes mains. Est-ce ce qu’il veut ? Qu’ai-je fait pour en arriver là ? Quel est l’objectif, le mien, le sien, notre rencontre ? Il ne bouge plus ou le fait sans bruit. J’en viens à croire, lui tournant toujours le dos, les mains recouvertes de graviers, que je l’ai imaginé. Je serai prêt à n’importe quoi pour me faire du mal. C’est pourquoi je ressens cet instant d’hésitation quand, au moment de me tourner, sa voix, devenue plus profonde, à moins qu’il ne soit simplement refroidi, trouble le silence. Lui ou mon inconscient ? « Vous avez déjà fait attention aux traces sur vos mains après que vous vous soyez relevé ? C’est comme les avoir abîmées au travail pendant des dizaines d’années. Comme si nos lignes de vies avait explosée, comme si nous n’avions plus d’avenir, plus de passé, mais simplement des milliers de cratères rouges pour trébucher et chuter. Et puis ils disparaissent si vite qu’ils en effacent presque le souvenir de cet éclair de lucidité. C’est le souvenir de la chute, chacune est une leçon, mais nous n’apprenons rien, nous ne sommes que des êtres humains après tout ». Il n’est plus seul. Derrière lui et à côté de lui, un petit groupe de quatre personnes lui ressemblant étrangement s’est amassé sans que je m’en rende compte un seul instant. Ils étaient même sans doute là depuis le début, tapis dans l’ombre ou dans son dos. La chose qui pourrait être drôle, et je ne sais pour quelle raison, je n’ai pas envie de rire, c’est qu’il n’a rien dit. Personne n’a prononcé la phrase que je viens d’entendre. Je le sais et je l’affirme parce qu’ils sont entrain de parler entre eux. Frémir par la bouche serait une description plus appropriée. Par moments, ils s’aboient presque dessus. Ils semblent en apparence avoir tout oublié de mon existence. Sauf que je comprends, en déchiffrant des bribes de dialogues, qu’ils se disputent pour se partager ma dépouille. Ils communiquent par des chuchotements entrecoupés d’hurlements, ils sont réunis en un cercle d’où n’échappent que certains de leurs membres, bras, têtes, quand ils expriment avec leurs corps le mécontentement ou l’approbation. Il n’y a plus d’issue. Je suis à leur merci. Je songe quelque seconde à faire un pas puis l’autre en arrière jusqu’à être assez éloigné pour partir en courant mais à peine l’idée me traverse l’esprit qu’ils arrêtent leur conciliabules et que l’une des sentinelles fait dépasser sa tête hors du cercle pour que j’oublie cette idée. On dirait des frères. Ils ne le sont sans doute pas. Ce doit être simplement leur vie communes, leurs idées communes, leurs déceptions et leurs joies communes, qui les ont forgé semblables, de la même manière qu’au fond, tous les êtres humains se ressemblent. Ils me semblent bien moins beaux désormais, et ils se révèlent plus jeunes encore que je ne le pensais la première fois que j’ai vu ce garçon. Ils doivent avoir 16 ou 17 ans au maximum. Je l’entends, lui, le premier, celui qui me mis à terre, dire d’une voix sans doute intimidante pour ses amis, et qui me semblent à moi terriblement juvénile et récitée : « C’est moi le chef du gang » et ça je suis sûr qu’il l’a prononcé. Profitant de mes instants de répits, je scrute les alentours, pas tant avec l’espoir de trouver quelqu’un pour me secourir, que pour admirer avec l’expérience des moments difficiles le paysage désolant qui m’entoure. Un flot de voitures qui nous dépassent en soulevant de l’air chaud, des immeubles décrépis qui était pourtant déjà terriblement moches à l’origine, des hommes de tout âge tout autour de nous, en face, à droite, à gauche. Pas de femmes. Ça me frappe. Pas une femme dans la rue. Je me dis que c’est tout ce dont j’aurais besoin, sans savoir pourquoi. Aucune ne m’a jamais sauvé, pourquoi maintenant ? Je n’ai jamais aimé personne et jamais personne ne m’a aimé. C’est comme ça. A ce moment précis je me pose sincèrement la question de savoir si je préfère mon égoïsme à toute forme de vie : vaudrait-il mieux que j’ai une femme et des enfants pour les pleurer et qu’ils portent mon deuil ou bien mon existence est-elle justifiée du fait de cette mort sordide qui m’attend et dont personne ne souffrira, personne si ce n’est moi. Et encore. Pourrai-je me défendre ? Impossible. Je n’argumente même pas et je n’argumenterai pas. Je les laisserai m’exécuter parce que c’est ainsi que ça doit finir. Un peu moins d’espoir. Pas de maladie. Pas plus d’ennui qu’il n’y en eut. J’aimerais les tuer bien sûr. Ça pourrait même me provoquer du plaisir intense. Toute ma vie j’ai voulu tuer quelqu’un. J’ai attendu. Au début, je l’avoue, je ne voulais pas la prison. Je ne voulais pas inventer un stratagème pour me disculper du meurtre, ou pire, ne pas y être lié. Je voulais être coupable et je voulais des circonstances atténuantes. Je voulais que l’on reconnaisse mon droit à tuer ne serait-ce qu’une seule personne en paiement du reste. Et en vieillissant j’ai appris à vouloir ma peine, à l’attendre, à la chérir. Mais j’ai toujours été trop honteux, j’ai toujours trop attendu le bon moment pour passer à l’acte et l’occasion se présentant à moi, aujourd’hui je n’ai plus la force de la faire. En un furtif instant je crois voir apparaître les cheveux d’une femme dans une voiture qui file et déjà n’est plus qu’un point à l’horizon. Je n’ai jamais tué et je n’ai jamais aimé. Que me reste-t-il de la vie. Rien, que dalle. La solitude. Moi. Plus pour longtemps. Je me suis persuadé, à un certain âge, pas vraiment longtemps après l’adolescence, que l’amour était comme un meurtre. Je voulais atteindre mes deux buts en même temps. Et j’y crois encore, bien que mes buts restent vides et vains. Par l’amour, on se tue soi-même. C’est comme un meurtre perpétuel où l’on cède, où l’on donne son intégrité à un autre, où l’on accepte mutuellement d’arracher ses croyances, ses espoirs, sens envies et ses rêves, non pour prendre ceux des autres, mais pour le grand vide, le rien du tout, le néant.  Il était impossible d’atteindre mes deux buts à la fois parce que dans le principe et dans l’esprit, ils étaient contradictoires et que dans la réalité, ils étaient semblables. Des gens comme moi ne peuvent comprendre ni accepter ce genre de vérité. Des larmes viennent troubler mes yeux alors que je repense à toutes ces choses que j’avais depuis longtemps rangé, classé, et caché. Alors que je ne vois plus rien, la voix du jeune homme, soutenu par ces amis, retentit à nous : « Nous n’acceptons rien non plus. Nous ne comprenons rien, comme vous. Le sexe n’est qu’une drogue douce, c’est un joint, on se sent bien et chaud, on a confiance en nous alors qu’au fond on se comporte comme de grosses bêtes idiotes ». Je les sens se mouvoir, le cercle se déplace, change de configuration et s’approche de moi. Saisi de panique et de dignité, je sèche et retiens mes larmes. Ma vision retrouvée, impossible de savoir si c’est vraiment eux qui viennent de parler, ils sont muets, me regardent presque avec pitié, comme des spectateurs face à moi tandis que le premier jeune homme s’approche et me prend par le col. Je trouve si bizarre d’entendre des voix. Ça ne m’était jamais arrivé, à part peut-être certains matins alcoolisés trop fréquents, seul dans la chaleur étouffante de mon lit. Il sort une arme de sous sa veste et la tend juste sous mes narines de telle sorte que mon propre souffle pénètre le canon et me revient instantanément après avoir buté sur la balle qui m’attend. Par fait de hasard, il n’y a plus de voiture et plus personne dans la rue. Ces acolytes surveillent tout de même les alentours mais lui ne semblent même pas inquiété. Je me sens vieux, si vieux, que l’idée de la mort ne me semble plus farfelu. Quand le pistolet ne me lâche plus du regard, le groupe se ressert et les spectateurs oublient tout des alentours. A quel moment ai-je arrêté de me défendre ? A quel moment aujourd’hui, et à quel moment bien plus tôt, dans mon histoire. Est-ce parce que je n’avais plus la force ou est-ce parce que j’ai arrêté que j’ai perdu toute force ? L’arme posée sur ma tempe, le jeune homme prend un dernier souffle comme pour partager ma peine et je réalise une chose qui me paraît très importante à prendre en compte : je suis encore saoul d’hier. Et j’attends le Cling Bang. Clic.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114392596779186023?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114392596779186023/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114392596779186023' title='4 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114392596779186023'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114392596779186023'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/04/comme-des-chiens-dsesprs-fouillaient.html' title='Comme des chiens désespérés fouillaient la terre'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114348991138244824</id><published>2006-03-27T22:01:00.000+02:00</published><updated>2006-03-28T20:01:03.523+02:00</updated><title type='text'>Poèmes pourris II</title><content type='html'>&lt;img src=http://document.linternaute.com/document/image/550/noir-blanc-escalier-architecture-escaliers-510869.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait coutume de &lt;br /&gt;Dire,&lt;br /&gt;Je veux&lt;br /&gt;Mourir en montant, le vieil homme, &lt;br /&gt;Quand il était&lt;br /&gt;Encore jeune, &lt;br /&gt;C’est ce qu’il disait, &lt;br /&gt;Mourir à Montmartre,&lt;br /&gt;Mourir en un acte&lt;br /&gt;Tout oublier du passé, &lt;br /&gt;Pas à pas crever, &lt;br /&gt;C’est ce qu’il souhaitait,&lt;br /&gt;Quand il avait 20 ans,&lt;br /&gt;Tantôt livreur, serveur, tueur,&lt;br /&gt;Trop tard amoureux, pianiste, &lt;br /&gt;Libre,&lt;br /&gt;Ce sacré vieillard, juste là &lt;br /&gt;Sous mes yeux,&lt;br /&gt;C’était milles vies qu’il vivait,&lt;br /&gt;Autant de marches qu’il y avait,&lt;br /&gt;Je vais où je vais,&lt;br /&gt;Qu’il disait,&lt;br /&gt;Tant qu’il y en aura j’irai,&lt;br /&gt;Qu’il disait,&lt;br /&gt;Qu’aurai-je bien pu faire,&lt;br /&gt;C’était pathétique,&lt;br /&gt;Quand ses pas s’arrêtèrent,&lt;br /&gt;A la renverse, la tête à l’envers&lt;br /&gt;Jusqu’à ce que le sang verse,&lt;br /&gt;Qu’aurai-je pu faire d’autre,&lt;br /&gt;Quand il redescendait,&lt;br /&gt;Que de courir et dire, &lt;br /&gt;Je veux mourir en montant,&lt;br /&gt;Crever dans les escaliers, &lt;br /&gt;Au moins essayer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://image.ohmynews.com/down/images/1/toddkipp_282119_1%5B438222%5D.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On m’a tué&lt;br /&gt;Ce n’est pas ma faute&lt;br /&gt;J’ai cédé devant la somme&lt;br /&gt;De ses sons &lt;br /&gt;Comme un assommoir,&lt;br /&gt;Entêtante, en tête&lt;br /&gt;De liste de &lt;br /&gt;Mes bêtises,&lt;br /&gt;Bête, lisse, &lt;br /&gt;Elle m’a tué,&lt;br /&gt;La faute à personne, &lt;br /&gt;Mis mon cœur en hélice, &lt;br /&gt;Ma gorge en cendrier,&lt;br /&gt;Avec bonheur, &lt;br /&gt;C’était mon heure,&lt;br /&gt;La faute de personne,&lt;br /&gt;Pauvre petite joueuse de &lt;br /&gt;Guitare, je lui disais combien &lt;br /&gt;j’aimais ses doigts, il était si tard,&lt;br /&gt;trop tard, assez tôt pourtant &lt;br /&gt;pour encore pouvoir les sentir, &lt;br /&gt;là autour de mon cou, &lt;br /&gt;comme un cadeau, un au revoir, &lt;br /&gt;je les aimais tant et elle répondait, &lt;br /&gt;en citant faux comme avant,&lt;br /&gt;on aime ce que l’on détruit, &lt;br /&gt;ô combien je souhaite son erreur vraie,&lt;br /&gt;ô combien elle m’aimerait,&lt;br /&gt;la belle est cruelle, &lt;br /&gt;belle et cruelle.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114348991138244824?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114348991138244824/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114348991138244824' title='3 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114348991138244824'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114348991138244824'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/03/pomes-pourris-ii.html' title='Poèmes pourris II'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114328625067159189</id><published>2006-03-25T11:59:00.000+01:00</published><updated>2006-03-25T12:30:50.690+01:00</updated><title type='text'>TheHorrorTheHorror</title><content type='html'>&lt;img src=http://site.voila.fr/cinepho/realisat/murnau/aurore/i000101.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourrons-nous un jour retrouver ce qui a été perdu ? D’abord décontenancé à tendance déçu par le happy end, je commence à peine à esquisser un doute, me demander si finalement ce n’est pas possible, rien que dans l’esprit, après plein de péripéties. Mais je n’en sais rien, c’est bien sûr pour ça que nous allons chercher ensemble. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=240 headth=212 src=http://www.gonemovies.com/WWW/Drama/Drama/SunriseWife2.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fur et à mesure, je me suis posé cette question : est-ce possible pour une fille (je suppose que ça vaut aussi pour un homme mais, ce n’est pas ça que je regarde), d’être très laide au naturel et splendide en souriant ? De la réponse positive à cette question est née une faille qui grandira jusqu’à ébranler l’édifice de mes croyances morbides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.cinemed.tm.fr/testnews/1_2/img/1_292Laurore72.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, nous pouvons être deux choses alternativement. Pourtant chacun de ces deux visages existent en même temps, partagent les mêmes muscles, la même peau, ils se préexistent l’un à l’autre. La beauté ne se perd pas, elle survit même aux pires années de malheur pour ressurgir fraîche, à partir de ce qu’avait construit le malheur. La beauté n’est pas perdue. Le malheur non plus. Si je me prends en exemple, je suis deux presque chaque jour. Il y a moi et il y a Paul Austère, celui qui signe ces posts. Je suis ces deux personnes de manière alternative, je suis moi quand je vis et parle, je suis Paul quand j’écris. Parfois même ils cohabitent, je vis et respire tandis que Paul écrit déjà dans mon cerveau, attendant le moment fatidique où je déciderai d’attraper un stylo et de lui laisser le contrôle. Il est assez fort pour que ça arrive assez souvent, sous peine d’explosion. Il n’est pas assez fort pour être tous le temps présent et en dehors de l’écriture et j’en suis vraiment désolé. Si vous me connaissiez, vous seriez tellement tristes. Déçus. Je ne suis pas Paul Austère, je ne suis pas ces mots et ces paragraphes, ces blogs et ces romans. Je ne peux l’être. Mais peut-être l’ai-je été et mon seul espoir est de croire que ce qui a été perdu peut être retrouvé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.nightkitchen.com/images/img_txt/screenshots/Heart_of_Darkness.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis pressé et Paul Austère ne l’est pas. Il est triste et je suis euphorique. Je suis perdu et il est ailleurs. Il est beau et je suis horrible. Je parle trop pour ne rien dire et il dit peu pour séduire. J’ai peu d’esprit et quelques connaissances et lui peut tout rien que par la réflexion. Il ne voudra jamais travailler et je travaille. Je suis stupide et il est malin. Je suis pratique et il est impossible. Il a peur et je suis stressé. Il est sentimental et je suis désabusé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.nga.gov.au/Exhibition/Scully/Images/MED/128891.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, je crois vraiment qu’à un moment donné, j’ai été Paul Austère sans le savoir. Je ne pouvais le savoir parce que je ne le connaissais pas, je ne l’ai pas reconnu, mon corps, ma tête et mes jambes n’étaient pas assez forts pour le soutenir assez longtemps. Je ne l’ai été qu’un laps de temps très court. Peut-être quelques semaines, des mois au plus, entre le lycée et le début de l’université. Je n’en ai pas profité et ça a peu duré. Personne d’autre ne l’a vu sans doute. C’était une anomalie. Paul Austère n’existait pas avant : j’aimais le football, la télévision et les jeux vidéos. L’adolescence m’a transformé, quelque chose ou quelqu’un s’est retrouvé pris dans ce processus, coincé à ma place, en même temps que mon corps et mon esprit grandissaient et se transformaient. Depuis, lui ou une partie de lui n’ont jamais pu partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, ce n’est pas lui qui vis ma vie aujourd’hui. Simplement parce qu’il serait mort. Le monde l’aurait tué ou il se serait sacrifié. Ce monde-là n’est pas fait pour ses envies, ses idéaux, ses rêves et sa façon de vivre. J’ai été forcé de prendre le contrôle. Je m’en excuse auprès de tout le monde. Lui me remercie parfois, me hait le reste du temps. Je ne lui demande pas de m’aimer. J’aimerai tant lui laisser ma place définitivement. Mais je sais que ça signifierait sa fin et je préfère l’entendre en moi, quitte à en crever, plutôt qu’il disparaisse. Il ne pourrait pas vivre dans un monde où il faut abandonner ses rêves et être réaliste, il ne pourrait communiquer avec sa bouche, ma bouche, et se faire comprendre des gens, même mal,  il serait seul et triste avec le fardeau de supporter un corps, le faire vivre, se nourrir, se mouvoir et se maintenir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.movieactors.com/freezeframes5/apocalypse-brando.jpeg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma question est bien sûr de savoir si un jour je pourrai retrouver cet état de grâce où Paul Austère avait le contrôle sans que ni lui ni moi nous nous en rendions compte. Cette fois, tous les fruits de cette opération  seraient récoltés parce que je me suis préparé à l’accueillir. De deux choses l’une : ou le monde change spécialement pour nous (la parution d’un roman qui marche un tant soit peu) ou bien nous arrivons à mettre en place un protocole de collaboration. Je prends le jour, il prend les nuits. Je prends les corvées, il prend la rêverie. Mais dans un tel cas, comment faire pour que nous ne contaminions pas l’un et l’autre et qu’au final nous nous retrouvions à échanger nos temps de présence sans le vouloir ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je repense à ces songes que je faisais en Première quand j’imaginais ce que pourrait être ma vie plus tard. Un boulot relativement régulier, un horaire fixe de sortie à partir duquel  je pourrai écrire, créer, vivre. Est-ce possible ? Est-ce un bon compromis ? Tout ça n’est que dans ma tête, quand j’arriverai à fixer deux ou trois choses, faire un sorte que Paul Austère n’ai même plus conscience de la vie que je mène le jour, alors ce sera possible. Parce qu’actuellement, il regarde. Il regarde et ne peut rien faire pour m’aider parce que je l’ai caché dans mon esprit pour son propre bien. Il me regarde et prend pitié. Il me regarde et se bat pour sortir, ignorant qu’il y risquerait sa vie plus que la mienne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://daily.greencine.com/archives/gaynor-angel.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me regarde comme nous regardons l’Homme au début de L’Aurore. Nous sommes sa propre conscience. Nous le voyons courbé, faible et cruel. Et puis il renaît. Qu’est-ce qui a bien pu changer ? Rien, absolument rien. Il a toujours ses dettes, sa maîtresse l’aime encore, la ville continue de le hanter. Rien n’a changé, sauf nous. Nous sommes là. C’est la magie du cinéma. Il ne faut pas plus de dix minutes, pas plus que le temps que nous nous plongions dans le film pour que en tant que conscience, nous le réveillons, le transformions, le ramenons dans le passé et lui rendions ce qu’il a perdu : son amour propre, son amour pour sa femme. Tout vient de lui. Elle l’aimait toujours même quand il était perdu. C’était simplement lui. Et nous l’avons aidé. Sur son épaule nous avons été bienveillant et tombant amoureux de sa femme, murmurant cet amour à son oreille, nous l’avons réveillé. Nous le faisons depuis plus d’un demi siècle et à chaque fois ça marche. Une fois associés à lui, nous sommes si fort que nous pouvons changer le cours du monde et toute notion de réel. Voilà la morale du film. Nous pouvons récupérer ce qui a été perdu. Reste à savoir si Paul Austère est aussi fort et puissant émotionnellement que l’ensemble des spectateurs qui tiennent dans la grande salle de La Filature. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.gothamist.com/arts/archives/sunrise.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou peut-être que vous pouvez oublier tout ce que je viens de dire. Peut-être que je suis simplement malade. Mentalement malade. J’ai trop d’imagination. Pas forcément pour inventer des choses inédites et époustouflantes mais au moins pour réinterpréter via l’écriture certains éléments existants. Et je me perds dans cette imagination. Je ne sais plus faire la différence entre ce qui s’est passé la vieille, ce qui se passera le lendemain et ce qui n’a jamais existé. Parfois je suis piégé en moi, je rencontre des fantômes de personnages, je crois imaginer des gens qui existent vraiment. Je me cogne contre les propres parois de mon cerveau. La maladie de l’imagination. La pire. Rien n’existe et pourtant tout existe. Une simple pensée peut tordre la réalité, la rendre monstrueuse ou splendide. Une simple pensée. Une simple pensée fait s’élever des châteaux et s’effondre des bâtisses. Il y a beaucoup de bons côtés, mais quand il y en a des mauvais, ils sont vraiment mauvais. De quoi souhaiter ne plus jamais être capable d’imaginer quoi que ce soit. De quoi modifier à jamais la réalité en pire. De quoi souhaiter mourir au plus vite. De souhaiter voir le noir, rien que le noir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://site.voila.fr/cinepho/realisat/murnau/aurore/i000103.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[La plupart du temps, j’apprécie les règles, mais il y a une chose que j’apprécie encore plus : les transgresser. Voilà pourquoi vous avez eu droit à un post qui porte sur ma personne. Je n’avais aucune autre idée. Et à partir du moment où c’est écrit, ça devient de la fiction.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.laluna-vzw.be/image/sunrise2.jpg&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114328625067159189?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114328625067159189/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114328625067159189' title='14 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114328625067159189'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114328625067159189'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/03/thehorrorthehorror.html' title='TheHorrorTheHorror'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>14</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114288722364805263</id><published>2006-03-20T21:34:00.000+01:00</published><updated>2006-03-20T21:40:23.663+01:00</updated><title type='text'>20 ans pour la dernière fois (heureusement)</title><content type='html'>Je pourrais poster. Vraiment, m'appliquer, recopier des trucs de mon carnet d'albion. &lt;br /&gt;Mais non. Pas possible. Trop de vide, presqu'un trou noir au milieu de mon torse. Où il disparait ou je disparais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=http://www.youtube.com/watch?v=KMpN0yMkhYA&amp;search=the%20kills&gt; The Kills - Superstition (live)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=http://www.youtube.com/watch?v=7bTs6197NrY&amp;search=the%20smiths&gt; The Smiths - The Queen Is Dead (live)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=http://www.youtube.com/watch?v=jUV7BE4gaik&amp;search=cat%20power&gt; Cat Power - Cross bone style&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114288722364805263?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114288722364805263/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114288722364805263' title='11 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114288722364805263'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114288722364805263'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/03/20-ans-pour-la-dernire-fois.html' title='20 ans pour la dernière fois (heureusement)'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114263252030806874</id><published>2006-03-17T22:49:00.000+01:00</published><updated>2006-03-17T22:58:27.190+01:00</updated><title type='text'>Tu parles de révolution …</title><content type='html'>C’est partout, nulle part. Dans les journaux, les magazines (Inrocks de mardi), les bouches flétries par les regrets. Cet événement hypothétique qui en rappelle fortement un autre, imaginaire celui-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.canaltrans.com/musica/images/smiths/smiths3.jpg&gt;&lt;br /&gt;La Révolution. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mai 68.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mai 06. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et si c’était vrai ? Et si ça revenait ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://sayz64.canalblog.com/images/smiths1.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par quoi commencer dans ce nœud d’indulgence et de mensonge ?&lt;br /&gt;Mettons les choses au point : j’ai beau ne pas y avoir été, je peux affirmer que Mai 68 n’a pas été une Révolution. Qu’est-ce que ça m’a apporté dans ma vie, à moi ? Parce que c’est ça qu’il faut regarder, les effets sur n’importe qui, sur une personne lambda, des années plus tard. La Révolution de 1884 nous a apporté la démocratie et des droits. Mai 68 ne nous a rien apporté. Du tout. La vie de la France entière au jour d’aujourd’hui ne dépend pas de cet événement. Alors bien sûr, il s’est passé quelque chose. Des manifestations. Des prises de conscience, je veux bien. L’aspect beau de Mai 68 c’est qu’il existe uniquement dans l’esprit de ceux qui y ont participé. C’est leur eldorado. Voir la vague des films, même récents, qui en traite, The Dreamers en premier. Mai 68 a bouleversé l’esprit de ceux qui y ont participé activement. C’est un souvenir, un univers, un lieu, sans doute exaltant, sans doute magnifique, je n’y étais pas, ça dépend des souvenirs des témoins. MAIS il est totalement erroné d’affirmer que Mai 68 a eu plus d’impact que les Eurockéennes 2003 [ C’est un exemple bien sûr]. Durant ces Eurockéennes, j’ai vu Radiohead jouer pendant presque 2 heures, sous une pluie fine, serré entre 30 000 personnes, et je les ai écouté jusqu’aux dernières notes de Karma Police. Ça m’a ouvert de nouveaux horizons, ça m’a décrassé les oreilles, ça m’a permis de respirer à nouveau, de trébucher encore. C’est un souvenir. Un souvenir bouleversant. Voilà ce qu’est Mai 68, rien de plus. Le souvenir d’un événement qui a pu bouleverser des âmes et, devenant une Histoire et des histoires, est rentré dans l’imaginaire collectif. Je peux dire de même de ce concert de Radiohead, de la vie des 30 000 personnes qui l’ont vu, de l’impact des multi-diffusions tv du concert sur les générations à venir. Voilà ce qu’est Mai 68. C’est déjà pas mal, ne râlez pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et aujourd’hui on ressort les souvenirs du placard à coups de mécontentement, de blocus d’université, de tribunes, de manifestations. Les gens qui n’ont pas compris ce qu’était Mai 68 se demandent si cela ne se reproduirait pas encore, et les mêmes, qui n’ont pas non plus compris ce qu’est le mouvement actuel, se demandent si tous cela ne pourrait pas finir en révolution sous l’impulsion de l’autoproclamée « génération précaire ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.celebrity-pictures-world.com/pics/s/the-smiths/the-smiths-005.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ris un peu, j’ai le droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que veulent-ils ? Quel est leur idéal ? Le retrait du CPE, une évolution de la lutte contre les discriminations envers les jeunes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ça la révolution ? Je crois bien que la majorité de ceux qui défilent ne sont pas dupes envers ce qu’on leur met sur le dos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se battent, ils mettent en danger leurs études pour une seule raison très simple à comprendre : ils veulent pouvoir travailler à vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ça la révolution ? Les jeunes aujourd’hui luttent, affrontent les dissidents, se battent contre les CRS pour une seule raison : rentrer dans les rangs. Voilà ce que nous avons. Voilà ce qui serait censé faire peur à tout un gouvernement. Est-ce que quelqu’un se rend compte, comme moi, qu’ils rient tous sous cape ? Tous, les politiciens, théoriciens, grands patrons, sont heureux et fêtent : non seulement on leur offre une rediffusion de leurs amusements de jeunesse (Mai 68) en couleur et en direct, mais en plus on est prêt à mourir pour eux. Mourir pour leur être fidèles.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La révolution de mes rêves, ce n’est pas ça. La révolution de mes rêves est individuelle ou n’est pas. Ce sera le moment où chacun reprendra sa propre liberté. Parce que 1784 a libéré les masses (masses des pauvres, des opprimés, des mals nés), le pouvoir a décidé d’investir l’individualité de chacun. Ça a pris du temps certes, mais ça s’est développé depuis le XIX° siècle : c’est la publicité, c’est l’opinion fabriqué par les médias, c’est le sentiment d’opulence, la volonté de monter les échelons, le mythe du self made man. Tout le monde peut devenir maître du monde, avec de la volonté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eh bien la révolution, celle que j’attends et appelle, c’est celle qui nous fera nous rendre compte que nous pouvons être maîtres de nous-même. Ce sera le moment où les gens ouvriront les yeux, commenceront à se cultiver eux-mêmes, dans tous les sens du terme, à vouloir être eux-mêmes, à voler des bouquins, à découper des magasines, à arrêter de regarder les autres, à apprécier les instants dérisoires, à détester les grands moments, à éteindre leur radio, à faire eux-mêmes leurs vies, choisir eux-mêmes leur musique, leurs vêtements, à installer des cinémas pirates chez eux, à s’écouter eux-mêmes, à dire non, à dire oui, à reconnaître le vrai du faux, à accepter les contraintes parce qu’ils seront libres, à accepter leur liberté parce qu’ils seront contraints. &lt;br /&gt;Ce sera une révolution invisible. Pas de poseurs. Une révolution individuelle. Certaines industries se casseront sans doute la gueule (Hollywood, la musique) mais tant pis. Tant qu’il y aura de l’envie et moins il y aura d’industrie, plus il y aura de la liberté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.peterhill.net/media/DIR_252228/peterhill.net_morrissey_34472.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je ne suis pas sectaire. Je pense très sincèrement que je me rangerai du côté de n’importe quelle révolution, à partir du moment où elle sera sincère avec elle-même. Par exemple, certains veulent mettre fin au nucléaire, à la pollution, aux mauvais traitements, à l’exploitation et même au travail tout court. Soit, OK. Je dis banco. Mais on ne peut pas réclamer QUE cela. Si c’est cela que nous voulons, alors nous devons TOUT transformer, détruire et recréer. Une nouvel économie, un nouveau monde, des nouvelles façons de vivre. &lt;br /&gt;Ce que je veux dire c’est que dans les manifestations actuelles, on réclame le retrait du CPE, la démission de Villepin et Sarkozy. J’ai envie de crier, avec tous mes poumons : C’EST TOUT ? Après le CPE, il y aura d’autres réformes du même type, il ne faut pas se leurrer. Derrière chaque Villepin il y un autre Premier Ministre avec les mêmes buts (réélection, efficacité économique). Derrière chaque Sarkozy il y en a un autre, de quelque bord ou courant politique soit-il. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui réclament le retrait du CPE ne peuvent s’arrêter là. C’est leur devoir de demander et d’obtenir, par tout moyen que ce soit, la fin du capitalisme, l’impossibilité des délocalisations, la mise en place de systèmes équitables, de travail pour tous, de salaires pour tous. C’est communiste ? Et alors, ce n’est pas mon opinion que je donne là mais simplement la véritable révolution que sous-tendent les idées de manifestations du moment. Je soutiens, ne serait-ce que dans l’esprit, tous ceux qui vont au bout de leurs idées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.morrissey-solo.com/people/images/m-tokyo91.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la situation actuelle ne correspond pas du tout à ça. Les jeunes aujourd’hui manifestent pour pouvoir rouler dans la dernière Golf. Ils manifestent pour avoir un CDI qui leur permettra de s’endetter et d’acheter voiture neuve, maison, vêtements à la mode, etc. Les jeunes aujourd’hui manifestent POUR la société de consommation et le capitalisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais comment ne pas leur en vouloir ? On est obligé de les comprendre un minimum. Toute révolution a besoin d’un fond commun. Aujourd’hui, si on ne se leurre pas, on ne peut pas affirmer que c’est la misère est l’oppression qui est le fond commun, le ciment, des manifestations des jeunes. Non, le truc qui fait tenir ces manifestations, c’est le plus petit dénominateur commun : la connerie. Nous en avons tous en nous. Prenons les armes, sortons dans la rue, manifestons pour ceux qui se disent attaqués par nous, pour ceux qui nous utilisent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou bien on peut télécharger l’intégrale des Smiths et des Kinks, se saisir d’un stylo, d’une guitare et d’une caméra, je sais pas moi, si on s’ennuie de simplement traîner, créons nos mondes à nous, donnons les à partager et si on y croit assez fort, VRAIMENT FORT, un jour nous y vivrons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=500 headth=669 src=http://tour.morrissey-solo.com/news/2002/images/100-0097_img.jpg&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114263252030806874?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114263252030806874/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114263252030806874' title='8 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114263252030806874'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114263252030806874'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/03/tu-parles-de-rvolution.html' title='Tu parles de révolution …'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114226673199099260</id><published>2006-03-13T15:44:00.000+01:00</published><updated>2006-03-13T17:18:52.030+01:00</updated><title type='text'>Pourquoi les Libertines sont le plus grand groupe du monde</title><content type='html'>Les Libertines sont le premier groupe à avoir tiré leur carte du jeu au 21° millénaire. Oubliez Strokes, Arcade Fire et le reste, bien au demeurant, mais sans identité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Libertines sont un groupe qui n'a jamais existé. De cette existence fantomatique, ils tirent leur force.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En octobre 2002 sort leur premier album : Up The Bracket&lt;br /&gt;On découvre leurs meilleures chansons, leur style, leur amitié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://images-eu.amazon.com/images/P/B00006JSIU.03.LZZZZZZZ.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'été 2003, tout semble brisé, le groupe n'existe pratiquement plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En Octobre 2003, c'est la réunion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/1600/reunited.1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/320/reunited.1.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En aout 2004, un deuxième album sort alors que le groupe a définitivement splitté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://images-eu.amazon.com/images/P/B0002HV4RE.08.LZZZZZZZ.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'histoire semble chaotique, rapide, mais plus anecdotique que signifiante. C'est là que la plupart d'entre nous font une erreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En y regardant de plus près, les Libertines ont enregistré leurs meilleures chansons avant de faire leur première couverture du NME, ce sont les Legs XI.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.boysintheband.co.uk/artwork/legs.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moment de mettre un point final à Up The Bracket, Peter et Carl mettent un point final à leur amitié, comme si tous ce qu'ils avaient en eux et qu'ils partageaient à été mis dans cet album qui ne leur appartient plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès l'hiver 2002, Carlos se lie d'amitié avec Danny Goeffy de Supergrass et Peter traine avec Wolfman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/1600/carldanny.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/320/carldanny.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/1600/petewolfman.0.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/320/petewolfman.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'automne 2003, alors que tout le monde pense que le groupe s'est retrouvé pour ne plus se quitter, Carlos s'encastre volontairement le crane dans un mirroir, résultat : longue opération et Peter enregistre avec d'autres les HQ Sessions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand sort "The Libertines", le groupe est dissolu et on y retrouve un amas de vieilles chansons ou de nouvelles qui ne sont plus crédités doherty/Barat : Music When The Lights Go Out, Narcissist (nouvelle version de Hooray For The Twenty First Century), Ha Ha Wall vieux tube live, Can't Stand me now écrit avec quelqu'un d'autre (Mark Hammerton) , The Saga avec Paul Roundhill, etc.&lt;br /&gt;Ce n'est plus qu'un album posthume, une sorte de compils de chansons retrouvées et de chansons solos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que j'essaie de dire, c'est qu'à une époque où l'on fouille caves, greniers et soulseek à la recherche d'albums du Velvet, des Kinks, de Joy Division, tous ces groupes qui n'existent plus, les Libertines sont le premier groupe moderne à ne pas exister. Ils n'ont jamais existé. Jamais quand nous les connaissions. Leur âge d'or, c'était le moment où ils étaient des inconnus. Ils ne sont pas nés en octobre 2002. Ils y sont morts. Désormais, il ne nous restait plus qu'à chercher dans les chansons inédites, les albums inconnus, les live acoustisques, les side projects, pour essayer de trouver l'énérgie et la valeur des Libertines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est très enfantin : on nous a donné un jouet, et on nous la repris immédiatement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de très savant là-dedans. Et loin de moi l'idée de dénoncer une manipulation. Ca s'est trouvé comme ça, et c'est pour ça qu'il s'agit du plus grand groupe du monde : il reflète parfaitement l'air du temps sans que personne ne s'en doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une époque dominée par le mercantilisme, la froideur des comportoments et l'instrumentalisation de la rebellion, les Libertines étaient des vagabonds, des hédonistes et des romantiques. Des valeurs inestimables mais que pour retrouver il faut chercher.&lt;br /&gt;Donc non seulement les Libertines ont un sens rare et opprimé mais en plus pour y parvenir, vous devez vous battre et vous investir. La définition d'un trésor quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ce trésor est énorme. Tout sauf décevant. En quelques années on compte dans le coffre à trésor : un album inédit (Legs XI), des enregistrements de chansons inédites par-ci par-là (You're my waterloo, Smashing), des sessions acoustiques à la pelle, un album side-project (Down In Albion), une vingtaine de carnets de poésie scannés, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ça ne s'arrêtera pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr il y a des aspects merdiques dont je ne parlerai même pas. Bien sûr ils ont sans doute vendus moins d'albums en 3 ans que les Arctics Monkeys en trois semaines. Mais c'est JUSTEMENT une autre raison pour laquelle ils sont le plus grand groupe du monde : eux, et leur qualité, sont méconnues. C'est assez excpetionnel, non ? Il n'y a que les Smiths qui font le même effet. Avec tous les autres groupes, Beatles, Kinks, Floyd, Radiohead, il y a ce risque incontournable : voir un imbécile dire "ah ouais j'adore trop, c'est mon groupe préféré ! -Ah ouais t'aimes quoi ? - Ben euh tu sais là, euh, mais si là, euh, mince, tu sais le single super connu !".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Libertines, et leurs vraies qualités, la poésie, les collages cheap, les sessions acoustiques et les vieilles chansons, ne feront JAMAIS cet effet-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant leur influence sera si forte qu'elle ne pourra être mesurée.&lt;br /&gt;En ce sens, les Libertines sont notre Velvet Underground à nous. Un groupe décrié à l'origine, qui a duré peu, vendu peu, et qui a changé la face du monde, incitant chaque auditeur à créer quelque chose à son tour. J'en fait partie et ce que vous lisez n'existerait pas sans eux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sont encore plus obscurs puisque dans un monde où les disques sont des produits, leurs meilleurs chansons ne se vendent pas mais s'échangent et se découvrent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le seul moyen de mettre fin à ce charme sera sans doute, tout comme le Velvet Underground ou les Pixies, une réunion tardive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petits morceaux de trésor : &lt;br /&gt;&lt;img src="http://static.flickr.com/31/41051984_982537ba09_m.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"I knew she wasn't English&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;For she spoke it far too well&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The grammar was goodly and the verbs where they should be&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;And the slang was bang on the bell&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;But as the language barrier banged and clanged&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I could not hear, hear nor see&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;London, England and Bow&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crumble into the sea."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=340 headth=480 src=http://www.babyshambles.com/all%20at%20sea/1.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"are you still bowling around after dark?&lt;br /&gt;blowing your hope and slope in the wind&lt;br /&gt;I lit a little fire from your chimney spark&lt;br /&gt;I knew I’d never see you naked again&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;and the whole world is our playground&lt;br /&gt;the whole world is our playground&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;take diablo by the horns&lt;br /&gt;and stamp on his fire again&lt;br /&gt;I heard that song on the radio&lt;br /&gt;I’m all for losing my mind&lt;br /&gt;try not to think about you every minute or so&lt;br /&gt;but eh - they play it, play it all the time&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;and the whole world is our playground&lt;br /&gt;the whole world is our playground&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;take the night by the hand&lt;br /&gt;set it on fire again "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et si je me débrouille bien, une petite radioblog dans le coin droit d'ici ce soir pour mettre d'autre trésors.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114226673199099260?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114226673199099260/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114226673199099260' title='9 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114226673199099260'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114226673199099260'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/03/pourquoi-les-libertines-sont-le-plus.html' title='Pourquoi les Libertines sont le plus grand groupe du monde'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114207571830118628</id><published>2006-03-11T12:02:00.000+01:00</published><updated>2006-03-11T12:15:18.326+01:00</updated><title type='text'>Poèmes pourris</title><content type='html'>&lt;img src=http://wilfrid_hoffacker.blog.lemonde.fr/wilfrid_hoffacker/images/ombres.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impossible, rien&lt;br /&gt;Les mots que l’on n’utilise&lt;br /&gt;Pas pour la décrire,&lt;br /&gt;A peine plus vivante &lt;br /&gt;Que les traits enfumés &lt;br /&gt;D’une cigarette,&lt;br /&gt;L’ombre impassible, rit,&lt;br /&gt;On ne peut l’atteindre,&lt;br /&gt;L’ombre lit les esprits, &lt;br /&gt;L’ombre vit les vies de &lt;br /&gt;Milles et uns de ces modèles&lt;br /&gt;Dont elle prend la place,&lt;br /&gt;La nuit, le doux moment&lt;br /&gt;Renversé où la lucidité&lt;br /&gt;S’oublie, elle, l’ombre,&lt;br /&gt;Monte sur scène, &lt;br /&gt;Des vieux cartons, une &lt;br /&gt;Table bancale ou le mur &lt;br /&gt;D’une bâtisse abandonnée,&lt;br /&gt;L’ombre les connaît, l’ombre&lt;br /&gt;Est vue, il n’y a qu’elle, l’ombre&lt;br /&gt;Est partout, nulle part,&lt;br /&gt;Où va-t-elle, où est-elle, &lt;br /&gt;Sous l’éclat d’un projecteur,&lt;br /&gt;A la lumière pleine du jour,&lt;br /&gt;Où va-t-elle, que fait-elle, quand&lt;br /&gt;On ne la voit pas, visible,&lt;br /&gt;Invisible, n’est-ce pas elle, &lt;br /&gt;Qui vit nos vies, contrôle&lt;br /&gt;Nos gestes, celle-là même qui&lt;br /&gt;Nous suit, celle-là même dans&lt;br /&gt;Laquelle nous vivons sans le voir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=300 headth=241 src=http://members.fortunecity.com/gunmoll/jan2002/gallery/gallery1/liliana%20konorwoska.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les crimes sont d’esprits&lt;br /&gt;Et tandis qu’elle me regardait d’en bas,&lt;br /&gt;Je pouvais concevoir ses extrêmes,&lt;br /&gt;Sentir les minutes de ses morts &lt;br /&gt;Qui la terrassèrent, la clouèrent&lt;br /&gt;Au lit, la changèrent,&lt;br /&gt;Elle était là, bien présente,&lt;br /&gt;De sa chaîne elle brisait mes derniers &lt;br /&gt;Espoirs de résignance.&lt;br /&gt;L’ignorance est une perte,&lt;br /&gt;L’innocence une vertu, et &lt;br /&gt;Devant elle je ne pouvais &lt;br /&gt;Que dresser une liste de péchés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=450 headth=336 src=http://www.anotherurl.com/Events/glastonbury/glastonbury_84_scoutburgers.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je flotte, flotte transporté&lt;br /&gt;Au lieu et à la place&lt;br /&gt;Du vide, sa torpeur &lt;br /&gt;Que les autres taisent, &lt;br /&gt;Les regards d’assassins&lt;br /&gt;Tournés vers moi, &lt;br /&gt;Les flottes de déserteurs, &lt;br /&gt;Femmes, enfants, famille,&lt;br /&gt;Oubliés et honorés,&lt;br /&gt;Quelque part présent quand&lt;br /&gt;Millimètre après millimètre&lt;br /&gt;Mon sang conquit le néant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.hbo.com/sopranos/img/episode/season05/ep64_christopher_adriana1.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sopranos 5.12 : Long Term Parking&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, on se demandait où elle pourrait aller. On le savait bien qu’elle disparaîtrait, on avait toutes les bonnes raisons de penser que bientôt on ne la verrait plus qu’autre part. Absente des images promo de la saison 6. Présente depuis deux ans sur la série Joey. Adriana est partie. Elle n’a jamais été vraiment importante ou attachante. Jusqu’à cette saison dont elle aura sans doute été la révélation. Ça avait commencé dès la saison 4, quand elle a été forcée de collaborer avec le FBI. Ça continue de plus belle dans la saison 5, on en vient à s’attacher à elle, ses mauvaises manières et ses rêves idiots. Tony lui aussi s’attache à elle, un peu comme une fille de son autre Famille, un peu comme une femme aussi. Et comme Tony est le centre de la saison, il est normal que nous, spectateurs, ressentions cet attachement. Il n’y a pas si longtemps je parlais de ces moments, incroyable, qui justifient toute une saison. Il y en a un dans cet épisode. Evidemment qu’il y en a un. C’est presque la fin de la saison, c’est normal qu’il y en ai un. Lâchée par Christopher auquel elle a tout avoué, attendue par le FBI, Adriana décide de prendre la route et de s’enfuir dans une scène banale, avec ce qu’il faut de soft rock californien pour qu’elle soit émouvante et libératrice. Sauf que la musique, auparavant intégrée artificiellement au montage, perd en qualité et se met à baisser. En un instant, tout a basculé. La musique vient d’un auto radio. Adriana n’est plus seule. Elle n’est plus dans la voiture. Ce n’était qu’un rêve, à portée de main, si palpable que nous le voyons, et pourtant un rêve qui ne se réalise, qu’elle ne réalise pas, parce qu’elle ne peut échapper à ce qu’elle est et à où elle va. Désormais c’est Sylvio qui conduit. Seule la route n’a pas changé. Toujours et encore la même. Au bout, dans une forêt anonyme, elle se fera tuer. La route vers l’enfer, celle qu’ils empruntent tous. Pourquoi ? Christopher le dit lui-même en parlant de Tony et de son manque de gratitude : « Le voilà, c’est lui, l’homme pour lequel j’irai en Enfer ». Et en même temps, on ne peut pas tout à fait être d’accord. Bien sûr Tony montre le chemin, mais il n’y a qu’une seule route, alors que faire ? C’est cette prégnance du destin qui ressort avant tout, les personnages ne pouvant échapper à aucune once de leur destin : Christopher est un soldat, Adriana  une sacrifiée, Tony B. un fuyard, Tony Soprano un nanti. Parce que c’est ce qu’il est, non ? Un privilégié. On hésite. On attend le dernier épisode. On a l’impression, pour la toute première fois peut-être, qu’aucune de ses plaintes n’a jamais été justifiée. Que tout du long, il n’a jamais vécu. Il est un boss, née dans une famille aisée à la vie facile, et si ses crises d’angoisse sont là pour le disculper, ça ne marche plus désormais. Dans la toute dernière scène, Tony et sa femme se promènent dans une forêt qui ressemble, coïncidence de fait, pas de réalisation, à celle où Adriana s’est faite tuer quelques minutes plus tôt. Sauf que pour eux, il n’est pas question de mort, mais d’investissement, ils vont acquérir la terre, la faire prospérer, en tirer quelque chose. Les personnages sont sur la même route. Nous le sommes tous, pas la peine de se le cacher. La route vers la mort, la route vers l’enfer. Certains sont pieds nus, d’autres ont des chauffeurs.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114207571830118628?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114207571830118628/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114207571830118628' title='6 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114207571830118628'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114207571830118628'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/03/pomes-pourris.html' title='Poèmes pourris'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114151236580651369</id><published>2006-03-04T23:35:00.000+01:00</published><updated>2006-03-04T23:46:05.826+01:00</updated><title type='text'>Les Ombres parlent aux Ombres</title><content type='html'>&lt;img src=http://pool.dylantree.com/img/gallery/70s/7949_in_the_snow_Montreal_75.jpg&gt;&lt;br /&gt;J’écoute Bob Dylan. Il n’y rien de mieux avec ce temps. Et il n’y a rien de plus cliché et il n’y a rien de plus vieux et il n’y a rien de plus tout simplement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que puis-je bien dire pour me justifier ? Je prendrai mon temps, promis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a cette chanson de Komakino, un groupe nommé d’après une chanson de Joy Division, qui dit « I lie and I cheat and I can’t keep a promess ». Moi je ne tiens que les mauvaises promesses. Les promesses d’abandon et de trahison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je suis sûr, certain même, qu’il n’y aucun intérêt à dire tout cela. Témoignage ? Vous rigolez. Testament ? Pas encore, pas encore, mais ça viendra. Critique ? J’essaie d’éviter, je n’y arrive pas toujours, il faut bien remplir les lignes ma pauvre dame. Littérature ? C’est ça c’est ça, il y a de fortes chances pour que les aventures d’un gosse magicien aient plus de valeur que n’importe quoi ici. Aux yeux du monde en tout cas. Ces yeux-là, ces yeux noirs. Des yeux insolents, des yeux qui n’ont pas besoin de moi. Est-ce qu’un seul regard, simple et défiant toute pudeur, peut changer la vie d’un homme ? Est-ce qu’un seul regard peut donner du sens à tous ces mots qui défilent sur mon clavier, pour toujours ? Encore et encore, j’ose poser la question. Pas y croire, non. Pas connaître la réponse. Simplement, poser la question. Comme : y a t-il un Dieu ? Après tant de millénaires, il devrait bien y avoir une preuve, il n’y en a pas, donc il n’y a pas de Dieu. Et pourtant le simple fait de se poser la question contamine tous le reste. La question de Dieu, c’est la question du tout. Dieu n’est qu’un outil utilisé par les êtres humains encore ignorants, nos aînés, pour qualifier les manifestations qui échappaient à leur compréhension.  Dieu, c’était les rêves et les hallucinations. L’amour et la haine. La vie et la mort. Le pouvoir et la pauvreté. Tous les thèmes que l’on retrouve dans la Bible. [Ne nous méprenons pas, je ne suis pas un bigot. Je ne parle pas de religion et si c’est votre impression, c’est ma faute ou la votre. Si j’ai la prétention d’écrire, je dois tout de même reconnaître que tous les écrivains sont les fils de la Bible Barrez et remplacez par Torah/Coran selon vos préférences.] La question de Dieu, c’est la question de l’être humain et rien que ça. Ce qui nous ramène à ses yeux noirs, à ceux qui donnent du sens à la vie. En écrivant un poème, une phrase m’est venue comme elle me serait venue en un rêve, « Les Ombres parlent aux Ombres ». J’étais seul au milieu de tout le monde et elle, elle était là pour moi. Une simple phrase qui résumaient tout et rien, une simple phrase qui venait de nulle part. Une simple phrase qui me permettait de continuer à poser des questions, malgré l’indifférence, malgré le froid, malgré la beauté, malgré le fait que quand on me coupait les cheveux, j’avais l’impression de voir un milliard de lignes quantiques m’échapper comme un milliard de vies, malgré le silence que Bob Dylan s’évertue à combler et ne fait que souligner. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.bobsboots.com/bobstore/Misc/snow.JPG&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dehors, il neige comme jamais. J’essaie sans succès de trouver une chanson pour continuer mes écrits vains. Il n’y a plus d’électricité dans l’immeuble, du couloir à l’ascenseur en passant par le sous-sol, mis à part dans les appartements, et j’ai l’impression d’être le seul privilégié à bénéficier de l’électricité au beau milieu d’une tempête de fin du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ok, j’ai fait ce rêve. Comme un transfert d’information. Comme télécharger un film sur internet, regarder s’égrener les pourcentages, 1 par 1, tout en visionnant les premières secondes. Quelqu’un me disait de prendre, de me taire et de prendre, il me disait qu’un jour ça servirait peut-être, alors je l’écris pour m’en rappeler ce jour-là. C’était un trailer, une bande-annonce, un synopsis. Vu et vécu. Un film d’horreur et un polar, un classique du genre, un de ceux qui ont réconcilié critiques, public et spécialistes. L’histoire d’un homme qui perd l’usage de ses jambes. Une agression, ou un accident de voiture, et boum, il est paralysé à partir de la ceinture. C’était moi et pas moi. Il se réveille à l’hôpital, et l’histoire commence. Rééducation, musculation des bras pour rééquilibrer, tests, médicamentation. Il peut enfin sortir. Il n’ a pas de famille. Il est pratiquement seul pour se débrouiller. Il s’est lié d’amitié avec une infirmière qui vient lui donner de l’aide. Et sa vie se reconstruit. Il retrouve du travail, démarre une relation avec l’infirmière. Il a acheté une voiture qui lui permet de conduire avec les mains. C’est là que ça se passe la première fois. Dans le garage de son immeuble, il ouvre sa portière, dispose son fauteuil roulant pour transférer son corps dedans. Sauf que quelque chose approche et il le sent. Des frottements. Des bruits. Ce sont des pas. Il voit une lueur, puis une ombre. Il voit un corps. Un corps qui court vers lui. Un corps sans ancrage, un corps sans consistance. Il court, court vers la voiture, et s’approche pourtant très doucement, au ralenti, il étend les bras en signe d’agression, les bruits deviennent assourdissant, le corps devient de plus en plus imposant. Le personnage essaie de monter dans son fauteuil roulant mais sous la pression, n’y arrive pas. Au moment où les corps fantômes est à deux pas de saisir le personnage, le compteur du garage s’arrête et la lumière s’éteint. On entend un bruit de métal tout ce qu’il y a de plus normal, celui du personnage qui tombe de sa voiture sur sa chaise roulante. On coupe sur lui expliquant la scène à l’infirmière qui ne le croit pas. Les événements se reproduisent, de plus en plus souvent, dans les endroits les plus différents possibles. C’est là-dessus que se construirait le livre / le scénario. Développer donc une atmosphère oppressantes, des scènes gores pourquoi pas, beaucoup de suggestion, une ambiance à la Dark Water (version Nakata, la seule que je connaisse). Le point névralgique de l’histoire, qui servira sans doute à la conclusion, est le fait qu’il n’existe un seul moyen pour le personnage d’échapper au fantôme : se plonger dans l’eau. Vous aurez compris que ce qui le hante, c’est lui-même. C’est le fantôme de son corps perdu. Peut-être que c’est vraiment un fantôme, peut-être que c’est juste dans sa tête un moyen de se punir. Si il peut échapper à ce corps fantôme en se plongeant dans l’eau, c’est parce que c’est le seul endroit au monde où ses jambes le portent, le seul endroit où il est un homme complet. &lt;br /&gt;Je ne vois pas l’intérêt de cette histoire pour moi, aujourd’hui. Quelqu’un, quelque chose, me l’a donné, alors j’en prends tout de même note. Qui sait, un jour… Quand je serai comme Phillip K.Dick, obliger d’écrire 18 histoires en cinq ans pour avoir de quoi manger, ça servira&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;The Sopranos Saison 5 Episode 11&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.hbo.com/sopranos/img/episode/season05/ep63_tony_tony_street.jpg&gt;&lt;br /&gt;L’un dans l’autre, c’est une saison en demi-teinte, il serait dur de ne pas le faire remarquer. Episodes faibles. Trames fatiguées. Il ne se passe rien, pas grande chose, même dans les non-dits. De l’épisode 1 à l’épisode 11 on a du mal à sentir les changements et pourtant il y en a eu peu et de taille : la sortie de prison de Tony B., la folie déclarée d’Oncle Junior, la guerre de pouvoirs entre les deux boss de New York. Au fond, on a l’impression de sujets si importants que la série n’ose les aborder. Elle tourne en rien pour ne pas raconter grand chose. Le Docteur Melfi, encore une fois, est très peu présente (c’était quand même l’argument de la série au départ). Les Sopranos sont une série où les scènes sont très importantes, c’est leur enchaînement, plus que le scénario, qui fait le sens de la série, dont les points d’orgues sont d’immenses meta-scènes qui bouleversent le monde de la série, des protagonistes et du spectateur en à peine quelques minutes.  Cette année, nous n’avons eu que deux scènes semblables : Tony, seul dans son jardin, armé, attendant l’ours sauvage qui traumatise sa famille (ou ex-famille) dans le premier épisode, et la fin de cette épisode, le 11, où Tony se réveille au Plazza à New York et appelle son ex-femme pour savoir quel temps il fait dans le New Jersey. &lt;br /&gt;Cette épisode 11 justement. Il reflète bien la saison dans son entier : quelque chose de très important se passe (la guerre des boss va peut-être retomber sur Tony) et toute l’action se passe ailleurs (un hôtel à New York), dans un autre pan de réalité (le rêve de Tony cette nuit-là) et un autre pan de sens (l’absurde, le négligeable). Tony commence à rêver vers 15 ou 20 minutes et ne finit pas avant 45 minutes. On a donc 20 minutes de rêve de Tony. Qu’est-ce que ça vaut ? Eh bien justement, ça s’inscrit dans la grande tradition de la série, sauf que c’est un rêve. On y retrouve un montage audacieux (bruitages, superpositions), on y retrouve la maîtresse morte de Tony dans le rôle du Docteur Melfi et on y retrouve une des lignes les plus intéressantes et anodines de la série (Tony, toujours dans le rêve, se fait engueuler parce qu’il regarde un film à la télé, et lui réponds « C’est tellement mieux que tout ça. Mieux que la réalité »). Sauf que c’est un rêve. Donc, ce morceau, cette épisode, a toutes ces qualités, parce que les auteurs se sont dit « C’est un rêve, on peut tout lâcher », du coup il souligne les lacunes des autres épisodes de la saison, ces manques d’audace et d’événements qui se ressentent intensément. Maintenant, connaissant la série, il est possible que TOUT, je dis bien TOUT ce que je viens de dire soit effacé par un épisode 12 ou 13 catharsis qui justifie la totalité des scènes présentes dans cette saison 5. C’est très possible, c’est déjà arrivé. Malgré tout, on soulignera que cette saison 5 marque un resserrement sur Tony, qui si il est intéressant et se justifiera peut-être, prive la série des seconds rôles qui lui donnaient définitivement vie (Dr Melfi dans les 2 premières saisons, AJ dans la saison 3, Pauli et Christopher dans la saison 4). On espère qu’avec la perspective de la fin de la série, les scénaristes se lâcheront pour la saison 6, et comme il y aura 20 épisodes au lieu de 13, c’est tout bénéf. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B000EBEHPY.02.LZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Morrissey sera au Eurockéennes. Est-ce que j’aurai vraiment pu rêver mieux ? Oui, une petite salle, dans laquelle j’aurai été le seul à le connaître. C’est impossible, donc autant se réjouir de ce qu’on nous offre. Il présentera son nouvel album, qui entre guillemets s’annonce géniale mais en dessous de You Are The Quary. Si seulement ça donnait du sens à toutes ces choses, ces minutes passés, ces regards échangés ou perdus, ces mots, ces attentes, ces soupirs. Ça ne le fait, mais ça le fera. Pour une heure. Pendant des jours. J’aurai aimé ne pas sonner si optimiste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah oui, je pense à une chose. Si je découpais ce genre de post en 7 petits morceaux, en isolant les paragraphes par sujets, j’aurai de quoi poster tous les jours de la semaine et ce serait plus commode à lire pour les inconnus de passage. Sauf que ce serait un blog comme un autre. Et que je devrai trouver 7 titres.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114151236580651369?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114151236580651369/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114151236580651369' title='9 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114151236580651369'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114151236580651369'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/03/les-ombres-parlent-aux-ombres.html' title='Les Ombres parlent aux Ombres'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114116410189721380</id><published>2006-02-28T22:57:00.000+01:00</published><updated>2006-02-28T23:01:41.916+01:00</updated><title type='text'>Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ?</title><content type='html'>OK, si je vous disais, là maintenant, que Phillip K.Dick (l’écrivain bande d’ignares) est vivant ? Me prendriez-vous pour un fou ou croiriez-vous que je fais simplement ma pub ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour être plus précis, je peux affirmer qu’il était vivant il y a 6 mois. Après, je ne sais plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et si je vous disais qu’il est vivant et en plus de ça, juste en bas de chez moi ? Est-ce que vous fermeriez ce blog pour passer à autre chose ou est-ce que vous demanderiez des preuves ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voici : &lt;img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/85/PhilipDick.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un des rares auteurs, tout genre confondu mais plus spécialement de science-fiction où les ones-shots sont fréquent, à avoir écrit une main plein de romans tout à faits extraordinaires, se complétant, se déchirant, apportant à chaque fois plus d’indices, plus de théories, plus de folies :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maitre du Haut Château&lt;br /&gt;Blade Runner (anciennement Do Androids Dream Of Electric Sheeps)&lt;br /&gt;Ubik&lt;br /&gt;Substance Mort ( A Scanner Darkly)&lt;br /&gt;Valis&lt;br /&gt;La Transmigration de Timothy Archer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On compte dans sa bibliographie des dizaines et des dizaines d’autres romans ainsi que des centaines toutes aussi mal adaptées les unes que les autres par des producteurs pas si illuminés que ça (Minority Report – beurk-, Paycheck –inconcevable de stupidité).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plus belle légende sur lui est, dans mon tout petit esprit, le fait que durant les années 60, pas encore connu et forcé d’écrire le plus possible pour être payé pour un nombre maximum de feuillets (déjà pas payés énormément), Phillip K.Dick écrivait des romans à la pelle, bourré d’amphétamine, et sitôt fini un livre (à ce titre sans doute Ubik, Le Maître du Haut Château), il enlevait le dernier feuillet de la machine à écrire et en remettait un nouveau derrière, qu’il remplissait immédiatement et qui ferait quelques heures ou jours plus tard, un autre roman, et ainsi de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que j’aime dans son écriture (dans ses meilleurs romans), ce qu’il se soumet juste assez aux règles du genre pour en faire partie. Pas une once de plus que ce qu’il faut. Le reste n’est que lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bénie cette époque où les romans étaient la culture de masse. Où n’importe qui, plutôt doué, pouvait se nourrir et se loger rien qu’en écrivant des bouquins, de genre, d’accord, les uns à la suite des autres, en pensant que jamais ça ne s’arrêterait. Mais il y eu la télévision. Aujourd’hui il me faudrait écrire à la suite les uns des autres des épisodes de Sous Le Soleil et de cette série dont je n’ai même pas envie de me souvenir du nom, avec une ancienne Miss France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous trouvez que c’est la même chose ? Vraiment ? Non. Avant on était libre, avant on pouvait être quelqu’un du moment qu’on envoyait une pile de feuillets valables par la poste. Maintenant il faut faire plaisirs aux petites filles,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas ce qui a rendu fou Phillip K.Dick, non, il était au-dessus de ça. Parce que oui, j’ai une très mauvaise nouvelle, il est vivant, mais il est fou. Et par fou, j’entends, il a perdu son esprit. La plupart du temps, il parle à des gens invisibles une lange incompréhensible. Il est semblable à Hal Hammond dans Ubik : il voit des choses différentes là où nous voyons tous là même chose. Il n’est pas ici. Son corps, ou une matérialisation grossière censée représentée un clochard, est ici, mais lui, dans sa perception, est autre part. En 1939, ou bien en 1992, un 1992 qui serait notre futur. Ça m’attriste un peu de le voir comme ça. Mais aux dernières nouvelles, il semble que nous soyons obligés d’avoir un corps pour avoir une âme. Les fantômes n’existent pas, pas plus que les esprits malins. A moins qu’il n’est un corps. C’est, je pense, ce qui arrive à Phillip K.Dick. Il est dans le corps d’un clochard qui de plus en plus se met à lui ressembler. Ce corps lui sert d’ancre dans le monde réel, seul porte d’entrée pour le monde des idées, l’esprit, c’est à dire partout : passé, présent, futur, scénarios alternatifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voici, juste en bas de chez moi :&lt;br /&gt;(insérer photos de P.K Dick)&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/1600/dickpetit.1.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/320/dickpetit.1.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/1600/dickmoyen.0.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/320/dickmoyen.0.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/1600/dicklarge.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/320/dicklarge.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant que vous savez qu’il est vivant, vous regretterez de savoir que j’ai perdu sa trace. Il a disparu. Plus dans ma rue, parti pendant que j’étais en vacance à Rome. Pourquoi es-tu parti en vacance idiot ? De mes sources dans les services sociaux de proximité, je sais qu’il a quitté la ville. Impossible de le retrouver. Il est probablement encore dans la région, à un feu rouge, entrain de faire la quête. Peut-on parler de semi-vie, comme dans Ubik ? Peut-être. Peut-être qu’il est mort et se croit encore vivant. Peut-être que son esprit est assez fort pour qu’on y croit aussi. Pour qu’il se matérialise, en 2005, dans ma rue, mais qu’il croit être en Californie dans les années 60 ou n’importe quand. Je n’y avais jamais pensé, mais il était toujours à côté de ce feu de circulation. Vert. Orange. Rouge. Le Bardho Todhol, le livre des morts tibétains. Le mort en semi-vie attend sa réincarnation, ou la fin de son cycle. Une lumière rouge et fumeuse représente les couples forniquant et attire le mort. Le rouge du feu de circulation.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114116410189721380?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114116410189721380/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114116410189721380' title='7 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114116410189721380'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114116410189721380'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/est-ce-que-les-androdes-rvent-de.html' title='Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ?'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114086541451537942</id><published>2006-02-25T11:48:00.000+01:00</published><updated>2006-02-28T23:02:40.260+01:00</updated><title type='text'>Ecrits vains</title><content type='html'>La règle est la suivante : un texte peu importe sa longueur, qui reprend le texte d’une chanson, et qui doit tout sauf lui ressembler, pour s’occuper les soirs d’hiver un peu solitaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fuck Forever – Babyshambles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.music-dash.co.uk/siteimages/covers/babyforever.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Fuck Forever ! !», elle commença par dire et soudain, de part sa voix éraillée, ses gestes agressifs et la couleur qu’avaient pris ses joues, elle perdit toute l’affection que j’avais pu développer pour elle. &lt;br /&gt;Elle dut le remarquer sur mon visage, à moins que ce ne soit mes yeux, dérivant d’elle vers le comptoir du bar dont le bois s’effilochait sous mes doigts, qui donnèrent l’alerte, et quelques secondes, plus tard, se rasseyant sur le tabouret, revenant à ma hauteur, se penchant même pour capter mon regard, elle rajouta : « If you don’t mind… » avec cette voix ridiculement fragile qui m’avait d’abord séduit, juste avant que je ne me rende compte qu’elle sonnait plus fausse que fragile. &lt;br /&gt;Elle restait là, avec ses grands yeux tout ronds, à essayer de capter les miens, si près de mon visage que je pouvais sentir son souffle, si près de mon visage que je l’aurai embrassée sans cette terrible odeur de bière. Elle attendait ma réponse.&lt;br /&gt;« It’s one and the same » fut cette réponse, maladroite, avec mon terrible accent français qui ressort à chaque fois (à chaque fois !) que je suis gêné ou que j’essaie de paraître sûr de moi. « Don’t try to be gentle because it’s one and the same » finit quand même par complètement sortir hors de ma bouche lors de ma deuxième tentative pour réussir à achever ma phrase sans m’effondrer en pleurant. &lt;br /&gt;« Oh, it’s one and the same ? It’s not supposed to be the same » assura-t-elle sans bouger, sans rien changer à sa voix si ce n’est une pointe de déception marquée par le point d’interrogation. Elle garda la bouche ouverte, comme pour appuyer cette expression encore plus. Je crus qu’elle aussi allait pleurer. Sa lèvre inférieure sursauta et frôla sa lèvre supérieure, une faiblesse, et à cet instant je m’attendais vraiment à ce qu’elle pleure. Sauf qu’elle ne pleura pas, que son souffle devint plus chaud, que je compris que ce n’était qu’un renvoi provoqué par la bière. De déceptions en déceptions, elle m’avait conduit jusqu’ici et j’ignorais si un jour je pourrai échapper à cette situation ou bien si j’étais condamné à la voir se répéter encore et encore jusqu’à la fin des temps. Je me suis dit : qu’ai-je fait pour être puni ainsi. Bien sûr, j’avais quelques réponses très plausibles, que je préférais immédiatement oublier, trop occupé à étouffer sous la douleur de la voir à nouveau s’agiter. &lt;br /&gt;« But Yeah. Yeah after all, what the use between death and glory ? Me, I can’t tell between death and glory. Do you ? Neither New Labour and Tory. »&lt;br /&gt;Personne, pas une seule âme, dans tous le pub, ne sembla s’inquiéter de ce brusque haussement de ton. Bien sûr, il était tard dans la nuit et bien sûr, je suppose que l’on aurait pu dire qu’il était à moitié vide. Mais pour moi, dans cette situation, craignant qu’à tout moment quelqu’un ne vienne pour nous faire sortir ou pire, pour appeler la police, ce sordide pub de quartier, planté au milieu de Manchester, fréquenté uniquement par des habitués et des riverains, saouls, mais dignes, semblait un coupe gorge dans lequel, en aucun cas, je n’aurai osé sortir un mot de trop de ma bouche, remuer sur ma chaise ou bien regarder, même par inadvertance, un seul des quarantenaires, fatigués, déçus par leurs propres espoirs, venus dépenser les restes d’une paie à peine capable de rivaliser avec l’assurance chômage dans la seule chose qui marche à chaque coup : l’alcool.&lt;br /&gt;« Or Purgatory and no happy families » elle trouva bon d’ajouter, oubliant toute question de sens, oubliant peut-être même de quoi elle parlait, oubliant, je l’espère, pour qu’enfin elle se calme, ce que je lui avais fait et ce que je lui avait dit. &lt;br /&gt;Toujours pas de réaction autour de nous. Elle, visiblement dérangée, avait mis un genou sur le bar et se servait désormais en bière directement à la pompe accrochée derrière la partie supérieure du bar. Le barman ne se retournait même pas, il se contentait d’essuyer des verres, près d’un lavabo, ignorant ou feignant d’ignorer les bruits qui ressortaient de sa conduite folle. Je pris un moment, une seconde en réalité, pour me demander si nous n’étions pas mort tous les deux dans cet accident qui avait causé notre rencontre, un quart d’heure plus tôt, ou était-ce une heure, devant ce bar, moi à moto, elle traversant la rue sans regarder, et la collision qui s’en suivit m’aveugla, me retourna, et m’expulsa sur le trottoir, à l’entrée même de ce pub, pendant qu’elle, ne criant même pas, agissant à peine plus bizarrement qu’une fille saoule, essayait de s’extirper de sous la roue, tournant encore, de ma moto. Je comprenais à peine qu’elle devait être une habituée du bar, qu’elle devait en sortir au moment où  l’accident a eu lieu, puisqu’elle était saoul juste devant, quand un bruit effrayant vint avorter ma réflexion. &lt;br /&gt;Avec son mollet traînant à sa suite sur le comptoir du bar, elle venait de renverser mon verre, vide, qui avait rebondi sur ma jambe avant de s’éclater par terre, dispersant des piques pointus de glace sur le sol, l’un transperçant le bout de ma chaussure gauche, l’autre se plantant dans ma jambe, quelques millimètres au-dessus de la chaussette. Elle rit, employant tous les moyens pour descendre du comptoir à reculons sans renverser d’autres choses ni me donner de coup de pieds. Je n’avais même pas vraiment mal. Par inadvertance, je regardais ses fesses. On pouvait dire qu’elle étais plutôt jolie. Si l’on avait du faire un panel, d’une centaine d’hommes, venant de tous les pays, de tous les horizons, de tous les âges et de tous les métiers, il n’aurait pas été étonnant qu’un peu plus de la moitié de ce panel la trouve à son goût. Une forte odeur d’eau de javel emplit mes narines d’un seul coup, alors qu’elle avait presque retrouvé sa place sur le tabouret, et je m’attendis à ce que le barman arrive avec de quoi laver le sol jusqu’à ce que je jette un coup d’œil derrière moi et que je le vois immobile, imperturbable. &lt;br /&gt;Elle se pencha vers moi et me demanda si tout allait bien. Je répondis que oui, malheureusement trop tard, elle avait déjà vu les morceaux de verres plantés en moi. Elle devint blême et poussa un cri d’effroi qu’elle arriva pourtant, une première, à contenir en elle. Immédiatement, elle se plia en deux et toucha de ses doigts grossiers le morceau qui était dans ma jambe, provoquant des picotements désagréables  jusque dans le haut de mon dos. Violemment, je tirais sur la masse de ses cheveux châtains jusqu’à remonter son visage, non sans qu’avec sa main toujours serrée autour de la paroi fragile et brisée du morceau de verre, elle l’arrache de ma jambe.   &lt;br /&gt;Droit dans les yeux, je lui dit : « Stop It ! That’s enough ! Everybody is looking at us », ce qui étais faux, mais je cru bon de lui éviter un discours sur ma paranoïa dans mon anglais qui sous le coup de la tension commençait doucement à me faire défaut. Elle ne me fit pas mal quand elle me retira le morceau de verre. Au contraire, je ressentis une impression de soulagement et quelques secondes plus tard, je me sentais déjà mieux et regrettais la violence avec laquelle je venais de la traiter. &lt;br /&gt;« What ? Them ? They don’t care. They know me. You are not their type, believe me. But they have a way. A way to make you pay, you know, and to make you toe the line. I would’nt like it if I were you. I don’t like it. »&lt;br /&gt;Ma main relâcha doucement ses cheveux et elle ne semblait ne m’en vouloir pour rien. Elle me regardait, droit dans les yeux, et retournait la position de force en sa faveur. Elle avança ses lèvres et les fit entrer en contact avec les miennes. Je ne réagis pas. Elle prit ça pour une incitation et fit entrer sa langue dans ma bouche. Je me contentais de fermer les yeux. Le baiser dura exactement le temps pour moi de me demander si ce n’était pas une pute. Après tout, elle en avait les manières et parlait avec ce même mélange de dureté et de fausse gentillesse. Rien ne semblait l’atteindre. Son visage et ses vêtements étaient un peu sale. En sa faveur, je l’avais tout de même renversée et projetée dans le caniveau.&lt;br /&gt;En même temps qu’elle m’embrassait, elle tendit son bras vers mon pied et d’un coup sec, elle retira le dernier bout de verre de ma chaussure en même temps qu’elle priva mes lèvres des siennes.&lt;br /&gt;« See, it was painless ! I know you, you know. You think you’re so clever, but you’re not very wise. »&lt;br /&gt;Le barman, enfin soustrait à ses taches ménagères, fit sonner la cloche de fermeture, ce qui la rendit muette. Elle avait l’air déçue. Je déposais sur le comptoir de quoi payer pour nos verres à tous les deux et voulut partir en trombe, la laisser sur place, ne pas lui donner le temps de se rendre compte de ma disparition. Je voulais qu’elle soit surprise. C’était sans compter sur ma jambe qui décida de ne pas me suivre. Elle rit à nouveau devant mes gestes inélégant pour m’empêcher de tomber à la renverse. Je m’agrippais d’abord à mon tabouret mais, par essence encore moins stable que moi, il voulut me suivre à terre, alors je fis l’effort de maintenir mon équilibre sur une jambe jusqu’à ce que j’arrive à toucher le comptoir. C’est là que je sentis sa main, fraîche, douce, minuscule mais solide, qui prit la mienne et me remit d’aplomb. Je la dévisageais, saisi par cette transformation des sensations qu’elle m’avait procuré. Elle proposa de m’escorter jusqu’à la porte, enroulant déjà son bras autour de mon cou. Je ne trouvais pas les mots pour refuser. Nous étions les derniers à sortir. Elle me guida encore quelques mètres sur le trottoir tandis que la lourde porte se refermait derrière nous dans un claquement hâtif.&lt;br /&gt;Je commençais à essayer de sortir de son étreinte quand elle dit quelque chose comme « I severed my ties » avec une voix d’outre-tombe, mangeant tous les mots comme si elle en avait besoin pour vivre, comme si elle avait besoin de leur énergie pour tenir debout.  C’est à ce moment-là qu’elle, la personne chargé de m’aider à marcher, s’effondra à terre, ses  jambes lâchant sous le poids de son corps. J’eus à peine la force d’amortir sa chute. Elle reprit immédiatement connaissance et s’adressant à moi de telle façon à ce que je sente à nouveau les reflux de bière, me remercia. Je voulais l’emmener dans un hôpital. Tant pis pour les conséquences. Elle refusa. Alors au moins je la ramènerai chez elle. Elle dit qu’elle habitait trop loin. Elle me demanda où j’habitais. Dans un élan maladroit de franchise causée par la proximités de nos maux, je lui avoua que j’habitais à un peu plus de cinq minutes de là. Elle voulut que je l’emmène chez moi. Juste le temps qu’elle se dégrise un peu, elle dit. Juste le temps de manger un petit morceau, elle dit. &lt;br /&gt;Brinquebalant comme un vieux couple dans la nuit, je la ramenais chez moi. Sur le chemin, plutôt silencieux, elle déclara simplement «  See, that’s a happy ending. Happy endings, they never bored me and they still don’t bore me ». Je préférais rester muet. Peut-être que je ne pouvais pas parler. &lt;br /&gt;Arrivé chez moi, pour la première fois je ne regrettais plus que ma chambre d’étudiant soit au rez de chaussé. J’ouvris la porte du hall avec douceur, elle entra la première, je la suivis. Je mis quelque temps à trouver ma clé car je ne voulais pas allumer la lumière, sachant que la raie de lumière qui filtrait à travers les portes mal isolées des appartements réveillerait mes voisins comme elle me réveillait si souvent. &lt;br /&gt;Elle me déposa sur le lit. Elle releva le bas de mon pantalon. Miraculeusement, elle semblait terriblement maître de ses mouvements. Elle regarda la plaie et me rassura : ce n’était rien. Elle souleva le bas de son t-shirt et révéla du milieu de son ventre jusqu’au milieu de son dos, une énorme contusion rouge. Je reconnus le pneu et le garde-boue de ma moto. Elle cria « Oh my god ! » quand elle vu l’étendu des dégâts. Je ne pus dire autre chose que : je suis désolé. En français. Elle me fixa avec assistance, comme si elle avait compris, comme si cela faisait parti de son vocabulaire français. Elle rajouta tout de même qu’elle était peut-être entrain de mourir d’une hémorragie interne. Elle retira complètement son t-shirt, l’étendu rouge montait jusqu’à cinq centimètre en dessous de son soutien-gorge, puis elle retira son jean et enfin sa culotte. L’étendue rouge allait jusqu’à ses pieds. Elle rit de frayeur en découvrant l’emprise qu’avait eu ma moto sur elle.&lt;br /&gt;Elle était-là, devant moi, nue, une inconnue, une victime, sans pudeur, sans retenue, elle partageait ses blessures avec les miennes et prit ma main fermement dans la sienne pour que je touche la texture de l’étendu rouge. Elle était chaude et nivelée en plein de petits traits d’un millimètres ou deux. Ma main sur sa cuisse, descendant et remontant sous sa propre pression, elle gardait les jambes serrés pour me faire croire qu’elle essayait de me cacher son sexe. Elle me demanda où il y avait un miroir. Dans la salle de bain, lui répondis-je. Elle voulait voir ça. Elle voulait voir dans son entier ce que je lui avait fait.&lt;br /&gt;Elle me dit « Don’t move, I’m gonna come back » et partit en petites enjambées, toute enjouée, me tournant le dos, ses fesses remuant avec ses pas. Arrivée devant la salle de bain, une simple pièce, séparée par une porte blanche, à l’autre de bout de ma chambre/salon, elle me regarda en marchant, tournant juste la tête vers moi et me dit « See, you don’t move. I’m stuck forever. I’m stuck in your mind. » Elle répéta « Your Mind. Your Mind » et disparut dans la salle de bain. « Your Mind. Your mind Your mind » elle continuait avec un rythme aussi précis qu'une sirène d’ambulance.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114086541451537942?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114086541451537942/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114086541451537942' title='3 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114086541451537942'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114086541451537942'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/ecrits-vains.html' title='Ecrits vains'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114068977149655368</id><published>2006-02-23T20:00:00.000+01:00</published><updated>2006-02-23T11:16:11.500+01:00</updated><title type='text'>My Year Of Love (final)</title><content type='html'>1. Garden State – Zach Braff&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=500 headth=633 src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/20/90/18411673.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment juge-t-on un film ? Il y a deux façons de voir qui je crois, ne se chevauchent pas. La première, pour les films anciens, est de voir, revoir, revoir, analyser, découper et décrypter un film pour en tirer le sens profond, quand il existe. Forcément, c’est la plus noble façon et elle s’exerce précisément sur les films nobles : films de grands maîtres, films en noir et blanc, films matures tout simplement, de plus de quatre ou cinq ans. L’autre façon, c’est la façon immédiate, celle qui s’applique quand on va voir un nouveau film, au cinéma. Le meilleur test, c’est de voir si les jours suivant le projection, on se souvient encore de scènes, d’instants, de musique du film. C’est simple : on fait marcher le feeling, les souvenirs, la façon dont le film intègre notre mode de pensée. En gros, il suffit de se poser deux questions : où en étais-je avant de rentrer dans le cinéma et où en suis-je maintenant que je viens d’en sortir ? J’ai la prétention de penser que les données de la seconde méthode se recoupent avec celles de la première.&lt;br /&gt;Pour Garden State, c’est simple : moins de cinq minutes après la dernière lettre du générique, je fouillais le bac du Virgin Megastore à la recherche de la bande annonce. Le lendemain, je décorais mon nouveau carnet Moleskine aux couleurs du film. Deux mois plus tard quand il repassait au cinéma, je le revoyais deux fois. Trois ou quatre mois après, un ami me ramenait le dvd des Etats-Unis. Voilà ce qu’est Garden State. Ce ne serait même pas la peine d’en rajouter. Bizarrement, je réalise que j’ai du mal à chroniquer ce film, tout comme j’ai eu du mal à chroniquer pas mal de films récemment, à part le Cash peut-être. &lt;br /&gt;L’histoire est dans l’air du temps (rien qu’à voir Lonesome Jim et Rencontre à Gabrieltown) mais Garden State est bel et bien le premier à l’avoir raconté (sorti en 2005 en France mais un ou deux ans avant aux USA. Andrew Largeman, inspirant acteur, la vingtaine tassée, est parti tenter sa chance à Hollywood. Résultat : il est serveur  dans un restaurant vietnamien. Le jour où sa mère meurt, il doit retourner dans son New Jersey natal, retrouvé les amis qu’il avait oublié, laissant ses calmants, ses peurs et ses déceptions en Californie. A Jersey (surnom : Garden State) il tentera de faire la paix avec son père, il tombera amoureux d’une fille prénommée Samantha et hésitera entre fuir ses anciens amis ou les prendre dans ses bras. En fait, il n’y a pas vraiment d’histoire dans le film : le film n’est que la capture d’un moment, mais il en sort parce que toutes les histoires dont nous avons besoin se sont déroulé hors du temps du film et s’expriment, transpirent, dans chaque plan. La simple vision de l’appartement d’Andrew à Hollywood et nous connaissons tout de sa vie et de sa solitude, un seul plan de lui ouvrit son armoire à pharmacie, ce qui sépare les deux pans de la glace qui reflète son visage, nous indique son état actuel, son état de toujours, la répétition habituelle des gestes. Une simple photo de sa mère en fauteuil roulant, posée sur son cercueil, nous montre le mélange d’empathie et de dégoût que pouvaient ressentir Andrew envers elle et nous prépare à des révélations ultérieures, c’est Andrew qui est la cause de sa paralysie et c’est pour ça qu’il est sous médicament et qu’il a quitté le New Jersey. Un simple regard de l’un de ses amis, fossoyeur, alors qu’il retire des bijoux d’un cadavre, les deux pieds dans le cercueil et l’on comprend en même temps qu’Andrew qu’il a fait la même chose à sa mère, ce qui introduit la dernière partie du film, la quête pour récupérer les bijoux qui les mènerait jusqu’au bout du monde, à côté de chez eux. Enfin, car on ne pourrait les faire tous, un seul rire sortant de la bouche de Samantha (Natalie Portman) et l’on sent là que l’on vient de faire la rencontre la plus importante de notre vie, un seul regard aux autocollants sur son énorme casque, une seule seconde de la musique des Shins qu’elle écoute et l’on comprend qu’on ne pourrait lui échapper, qu’on la rencontrera dans la ville au moins deux fois par jour, qu’à chaque fois les mêmes regards s’échangeront, alors autant se lancer tout de suite. Un petit dernier ? Un seul tour dans la maison de Samantha, des hamsters du rez de chaussé au cimetière des animaux dans le jardin, en passant par sa chambre et sa collection énorme de vinyles, et l’on sait exactement qui elle est, comment elle a grandi, et ce qu’elle veut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/20/90/18373703.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart des avis sur ce film disent que c’est un film maladroit, que c’est un petit premier film et que ça se voit. Dans ces moments, j’ai toujours du mal à croire que je suis vivant, actuellement, dans ce monde-ci. De toute l’année, mis à part Life Aquatic et Locataire, je n’ai vu de film plus maîtrisé et abouti. Chaque simple décor est travaillé, il parle et nous en apprend plus que ce qu’aucun fil narratif n’aurait pu le faire, chaque chanson de la BO est à sa place au bon moment, chaque plan à son ressort comique (la vue aérienne pendant que Sam et Andrew essaie d’éviter la flèche qui retombe, l’arrivée de Kenny qu’on ne voit pas et qu’on prend pour un policier violent, etc.)  Est-ce que Last Days peut en dire autant ? Je ne crois pas et pourtant j’adore Van Sant, mais en 2005, Zach Braff en terme de cinéma a été plus fort que Van Sant. Et vachement moins prétentieux en plus.&lt;br /&gt;Garden State est une comédie et bien plus que cela. C’est un apprentissage, celui de la vie, en quelques chemins et erreurs. Andrew Largeman va d’Hollywood, où il est un acteur raté, au New Jersey où il est dans le désordre : un fils, un ami, un danger, un malade, un football attardé, un gars sympa. Mais le plus important, c’est qu’il sort de sa route toute tracée. Là où il prenait toujours les avions, où il revenait chez lui parce qu’il y était obligé, où il prenait sa voiture par telle habitude qu’il oubliait d’enlever la pompe à essence de la réserve de carburant, à la fin du film il laisse tomber le vol qu’il devait prendre et qu’il avait prévu depuis son arrivée, pour rester avec Samantha. Il oublie tout ce pourquoi il s’était programmer, parce qu’il s’était programmer pour l’échec. C’est ce que signifie son rêve au départ : dans un avion, tout le monde sauf lui est effrayé par le crash que se prépare. Ils savent tous qu’ils vont mourir et il est le seul à ne rien faire pour l’empêcher, aussi dérisoire ces gestes soient-ils. A la fin, dans l’avion, il est le seul à se dire qu’un crash se prépare. Il sait. Il comprends. Il sort. Et nous offre une scène qui peut rivaliser avec celle du requin jaguar dans Life Aquatic. Où en étais-je en sortant du film ? J’avais fait un rêve, qui m’avertissait de ci, de ça, et en sortant de la salle, je sortais en courant de l’avion, et en cherchant de les rues d’une ville inconnue, j’espérais trouver Samantha.&lt;br /&gt;&lt;img src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/20/90/18373706.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bande annonce :&lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/acvision.asp?nopub=1&amp;cvid=18379275&amp;player=ASF&amp;debit=T&amp;emission=&gt; par ici&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114068977149655368?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114068977149655368/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114068977149655368' title='5 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114068977149655368'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114068977149655368'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/my-year-of-love-final.html' title='My Year Of Love (final)'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114068932271054802</id><published>2006-02-23T14:03:00.000+01:00</published><updated>2006-02-23T11:12:00.436+01:00</updated><title type='text'>My Year Of Love (partie 4)</title><content type='html'>2. Match Point - Woody Allen&lt;br /&gt;&lt;img width=500 headth=633 src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/81/83/18451304.jpg&gt;&lt;br /&gt;Pour Woody Allen c’est une première : il fait un film qui se passe entièrement en dehors des Etats-Unis, bouleversant toute la bible de ses personnages et de ces situations. Et son cinéma en est transformé, comme jamais on ne l’aurait cru. C’est sa deuxième tragédie entièrement réussi, et là seule qui respecte vraiment les règles du genre. Par le thème du tennis, il évoque « L’inconnu du Nord Express », autre histoire de dilemme entre deux vies, raison et passion, qui tourne mal, et dont la photographie semble avoir été simplement colorisée pour les besoins de Match Point. &lt;br /&gt;Chris Wilton est un ancien tennisman irlandais qui a besoin de se reconvertir. Par le biais de son boulot de prof de tennis, il devient l’ami d’un fils de bonne famille qui partage son amour pour l’opéra et lui présente sa sœur avec laquelle il va très vite sortir. Tout semble sur des rails pour lui : il obtient un boulot dans la société de cette bonne famille anglaise, va se marier avec la fille de la famille et déménager avec elle dans un énorme appartement payé par son beau-père. Si seulement il n’y avait pas eu cette rencontre. Un simple instant, précédé par un bruit entêtant de balle de ping pong rebondissant sur le plastique d’une table qui l’a immédiatement arrêté et un regard sur une fille splendide dont il tombe amoureux : Nola Rice, la petite amie et futur femme de son beau-frère. &lt;br /&gt;Que choisira-t-il ? L’arrivisme ou la passion ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/81/83/18451306.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est tout le thème du film, qui peut toucher n’importe qui mais s’applique particulièrement, de manière symbolique, à la vie des jeunes artistes, comme Woody l’a lui-même été. &lt;br /&gt;Match Point est une tragédie au vrai sens du terme parce que la seule force, la seule contrainte qui s’oppose au chemin de Chris Wilton, c’est lui-même : son avenir est tout tracé avec sa belle femme, avec tout ce que cela comporte, femme attendrissante, famille unie et généreuse, travail de luxe, et dont il a terriblement envie, mais en lui-même, quelque chose résiste, un reliquat du passé, de l’adolescent qu’il a pu être, des rêves qu’il a pu embrasser. La première fois qu’il la voit, Nola joue au ping pong, version de table du tennis auquel il excelle et qui est sa plus grande passion, lui qui aurait pu devenir un artiste de la raquette comme le lui dit une vieille connaissance qu’il croise aux hasards du Londres. Immédiatement, Nola est identifiée avec le tennis, mais le tennis dans une expression inférieure, le ping pong, tout comme Nola est inférieure à la société londonienne parce qu’elle est américaine, qui plus est avec des penchants pour l’alcoolisme et la dépression. Déjà, pour Chris, sous la pression de sa volonté de réussite et de la société, le tennis, comme Nola, sont une passion inférieure, comme l’alcool, le jeux, ou la drogue, peut-être sa seule passion, mais une passion à laquelle il ne peux céder sans être mis au rebut de la société. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/81/83/18427046.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si Chris lit du Dostoevski, c’est pour un petit clin d’œil multiple ( Crimes et Chatiments, Le Joueur, autant de titres qui pourrait aller très bien à Match Point), peut-être l’élément le plus drôle du film, mais le moins visible. Woody retient d’ailleurs tout durant le film, à l’inverse de Crimes et Délits qui gardait une touche d’humour à travers son personnage, et le manque ne se fait pas sentir (contrairement à Une Autre Femme ou Intérieurs), peut-être à cause du dépaysement de Londres qui nous fait oublier tout ce que Woody a pu faire auparavant. Il n’y a que deux autres touches d’humour : l’accent du vendeur d’appartement et le wook qu’il offre gratuitement au nouveau locateur (je suis le seul à avoir ri …) et au travers des deux inspecteurs (dont Ewen Bremmer) qui enquêtent sur le meurtre de Nola à la fin et sont abasourdi par l’absurdité de l’intrigue criminelle, clin d’œil appuyé avec le spectateur qui évoque moins l’humour habituel de Woody qu’une volonté délibéré de jouer du goût du pathétique, fréquent dans la tragédie, de cette situation. &lt;br /&gt;L’opéra, présent tout le long du film et qui forme une splendide BO, est un autre élément qui vient surligner l’affiliation du film avec la tragédie. Les premières notes du film font du générique, à l’inverse de celui, horrible, de Melinda and Melinda, l’un des plus jouissifs de Woody, augurant extrêmement bien du film. Et quand Chris monte les escaliers pour aller tuer Nola et sa voisine, fusil à la main, s’est un entrelacs de voix masculines, tragiques, qui se perdent, se retrouvent, créent une cacophonie qui reproduit celle de son esprit et évoque une montée au ciel qui ne s’achève que quand il tue et glisse par terre, projeté par sa propre faiblesse et par le choc du tir, déchéance de celui qui voulait être ange, entrer au paradis sur terre, l’argent et la reconnaissance. &lt;br /&gt;Il n’est pas possible d’évoquer le film sans finir par l’introduction au film, voix de Chris Wilton (Jonathan Ryes-Myer) à travers laquelle on reconnaît Woody, introduisant son film, dictant sa plus grande réussite, l’absence de moral du film. C’est peut-être ce qui fait la réussite du film et qui le place en avant de sa filmographie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bande annonce:&lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/acvision.asp?nopub=1&amp;cvid=18401207&amp;player=ASF&amp;debit=T&amp;emission=&gt; par ici&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114068932271054802?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114068932271054802/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114068932271054802' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114068932271054802'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114068932271054802'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/my-year-of-love-partie-4.html' title='My Year Of Love (partie 4)'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114068877612604089</id><published>2006-02-23T10:46:00.000+01:00</published><updated>2006-02-23T10:59:36.136+01:00</updated><title type='text'>My year of love (partie 3)</title><content type='html'>3. Life Aquatic With Steve Zissou – Wes Andersen&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/47/74/18408813.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y avait-il une scène plus émouvante, qui touchait plus à la profondeur d’un homme qu’on appellera communément personnage, dans toute la filmographie mondiale de 2005, que celle, à la fin de La Vie Aquatique, où Steve Zissou, héros has been de la mer, est face, entouré de tous ses amis et sonorisé par Sigur Ros, au requin jaguar, créature énorme et inconnue, sa découverte, celle-là même qui a causé la mort de son meilleur ami et de son fils ? C’était l’expérience cinématographique à voir cette année. Eventuellement, ce requin est farfelu, éventuellement, il n’a jamais tué personne, éventuellement, c’est l’invention de Zissou, un mensonge pour relancer sa carrière, éventuellement, Ned est vivant. Pourtant, le requin jaguar est bien là, en face de lui. Rarement cette année on aura plus touché à l’essence du cinéma. Le mensonge de Zissou, le prétexte même du film, lui permet de revivre, de s’accepter, de comprendre quelle est sa famille et effectivement, de relancer sa carrière. Regardez bien la toute dernière image du film, quand la Team Zissou monte sur le bateau après avoir couru au son de Queen Bitch (Bowie), sur le pont supérieur du bateau, qui est là, dont on ne voit que l’ombre, à fumer une pipe ? Ned Zissou, et je suis le seul à l’avoir vu je crois, parce que 3 fois de suite, j’ai du le montrer aux gens qui m’accompagnaient dans les différents cinéma. D’un point de vue rationnel, on peut dire que c’est l’esprit de Ned, mort, qui veille sur son père et le regarde enfin retrouver sa voie. Mais d’un point d’un vue cinématographique, Wes Anderson nous fait un commentaire sur la création : dans chaque histoire, racontée dans un documentaire, par une mère au bord du lit de son enfant, dans un film de cinéma, la création de beauté nécessite le mensonge, elle nécessite de passer outre les limites du monde rationnel et conventionnel qui nous entoure  pour s’échapper dans le monde du mensonge que l’on accepte, du mensonge positif, celui que l’on sait faux mais que l’on accepte, le monde du rêve. On se rapproche de Big Fish, autre histoire de poisson, mais raconté totalement différent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/47/74/18406391.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Vie Aquatique c’est l’histoire un brin rock’n’roll d’un vieux Cousteau américain en perte de vitesse qui décide de se lancer à la poursuite d’un poisson fantoche qui aurait tué son meilleur ami dans la première partie d’un documentaire raté et bidonné. Dans sa quête, il va rencontrer pour la première son fils de 30 ans, une journaliste qui refusera toutes ses avances et finalement, le poisson qu’il croyait avoir fantasmé. Sans contexte, c’est la comédie de l’année, une comédie comme on les aime, pas vraiment loufoque, plutôt subtile qui se révèle au fur et à mesure des visions. Car oui, c’est un film à voir et revoir pour mieux, dans un premier temps le comprendre, mais surtout l’apprécier, entrer dans son univers. Univers entier qu’à crée Wes Anderson, d’îles en bateaux, de plages en fond marins, et je mets quiconque au défi de ne pas sentir l’odeur salée de la mer, de ne pas rire et exploser de comble quand Zissou s’énerve et tue les pirates au son de Search And Destroy ( Stooges), de ne pas simplement, avoir envie de retrouver tout ça, après trois ou quatre visions. A l’inverse de Walk The Line, film pop corn mais bien, à ne voir qu’une fois, La Vie Aquatique est LE film de l’année à posséder en dvd, car il est comme une série, totalement complète, que l’on peut voir et revoir en s’attachant un peu plus aux personnages chaque fois. Le film n’a besoin de rien de plus : un lecteur de dvd, une petite télé, un globe terrestre, une propension au mensonge. C’est parti, embarquez, respirez, courez, vivez, chantez Bowie en portugais avec Seu Jorge, vous aimerez ça plus que jamais vous ne l’aurez cru, jamais vous n’aurez imaginé être le fils de Steve Zissou, de Cousteau, et pourtant c’est si bon. Le film le plus sous-estimé de l’année, justement parce qu’il marche avec le temps. &lt;br /&gt;Bande annonce :&lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/intersticiel.html?cvid=18370985&amp;player=&amp;emission=&amp;debit=&gt; par ici &lt;/A&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/47/74/18397562.jpg&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114068877612604089?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114068877612604089/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114068877612604089' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114068877612604089'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114068877612604089'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/my-year-of-love-partie-3.html' title='My year of love (partie 3)'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114063392930904180</id><published>2006-02-22T19:34:00.000+01:00</published><updated>2006-02-23T11:23:45.066+01:00</updated><title type='text'>My year of love (partie 2)</title><content type='html'>6. My Summer Of Love – Pavel Pawlikovski&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=500 heath=666 src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/52/98/18430209.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un petit film, sympa, sans prétention aucune, comparé à ceux qui le précédent dans le top, et c’est grâce à cela qu’il s’en sort et finit devant les autres. Une simple histoire d’amour ou d’amitié entre deux jeunes filles, un été, à la campagne, baignée par Goldfrapp. Que demander de plus ? Une photo intéressante parce que plutôt rare, pas tape à l’œil, faisant la part belle aux ombres et au suggéré. Deux bonnes actrices qui ne tirent jamais l’écran à elles. Une réalisation discrète mais maîtrisée d’un bout à l’autre par le montage. Un film court, qui coupe juste au bon moment. Peut-être moins à dire, mais n’est-ce pas là l’apanage d’un bon film ? Tout est sur la pellicule. Un mauvais film, on a à critiquer. Un excellent film, on a à analyser. Un bon film, ça se voit. My Summer Of Love n’est pas en demi-teinte, il va au bout de son mécanisme, montre tout ce qu’il peut montrer et sait arrêter avant de tomber à plat. On repense à ces magnifiques scènes baignées par Goldfrapp et Ennio Morricone, dans le noir de la maison, quand Tamsin (la brune) regarde à travers la fenêtre. Quelque chose se passe. On ne comprends pas quoi. Même son mensonge à propos de sa famille n’est pas téléphoné et ne révèle sa vraie nature qu’au fur et à mesure de suggestions. Il n’y a aucune prétention. Les deux actrices s’en sortent honorablement, elles en ont fait juste assez, alors que le son qu’elles jouent pas vraiment, elles se contentent d’être elles-mêmes tout en allant un tout petit peu au-dessus, ce léger cran qui fait que la magie prend entres elles, que quand elle se regarde ou s’ignore, on sent leur relation exister, naître ou refluer. En quelques plans simples, le réalisateur pose sa griffe en posant l’atmosphère, proche de Virgin Suicide mais en remplaçant la glace par le feu. Mona tombe de cheval, le cadre se renverse et on entre dans le film, comme une hallucination, un rêve fiévreux, mais un rêve quand même. Désormais, nous serons Tamsin. Plus moyen d’y échapper. C’est beau, simple et discret. Ça reste quelque part dans notre esprit, comme une expérience hors du corps : « pendant une heure et demie, j’ai été une fille, une adolescente qui passait du temps avec sa copine. Bon je dirai pas que j’ai pas reluquer les seins de sa copine justement, mais je sais pas, c’était pas pareil. Elle me plaisait grave, mais c’était pas pareil. Plus doux, plus lent. »&lt;br /&gt;Bande annonce :&lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/acvision.asp?nopub=1&amp;cvid=18377831&amp;player=ASF&amp;debit=T&amp;emission=&gt; par ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. Dig ! – Ondi Tominer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=500 heath=666 src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/58/21/18409876.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un documentaire. Le seul de la liste, à moins qu’on considère que Dig soit un documentaire aussi faux que La Vie Aquatique (ce qui est tout à fait possible).  Dig parle de deux groupes, un connu du milieu, les Dandy Warhols, l’autre connu d’un millier de personnes, le Brian Jonestown Massacre. Au début, ces deux groupes étaient des égaux. Ils ont émergé de la scène rock de Californie à peu près en même temps et c’est parce qu’ils étaient amis que le documentaire se penche sur leurs deux cas. Evidemment, au fil des années, et c’est ce que raconte le film, sous le coup des égos  et de l’industrie, les groupes vont se détester et se déchirer, pendant que les Dandy Warhols accèdent au succès en polissant leur musique et leur image et que le Brian Jonestown Massacre suit son chemin de vagabond. &lt;br /&gt;Qu’en est-il du cinéma ? Pas grand chose. Ce n’est pas  un documentaire exceptionnel. Il se concentre sur les sujets les plus ennuyeux : querelles de groupes, batailles sur scène ? Ce n’est même pas cinématographique et c’est à peine drôle (drôle la première fois, dégouttant la deuxième, déchirant la troisième, au moins on a l’impression de progresser, de s’attacher aux groupes et aux personnages). Non là où le film touche à la beauté, ce sont dans les moments de beauté et de liberté où les groupes font les show et où le montage fait la magie : le Brian Jonestown Massacre jouant Ballad of Jim Jones dans le métro, séduisant absolument TOUT le monde, même un vieux fan de Dylan devenu businessman ; Anton Newcomb (du Brian Jonestown) et Courtney (des Dandy) dans le désert son de Nevertheless ; Anton à la fin du film, seul, déchiré, et heureux, chantant The Gospel According to Newcomb ; ce même Anton, seul dans un studio, enregistrant, presque en direct, sous nos yeux, tous les instruments de The Devil May Care (Mom and Dad don’t), passant du squelette au corps tout entier. C’est évidemment parce qu’il contient une bonne poignée de ces moments et parce qu’il met le focus sur une scène peu connue qu’il échappe à la norme des docu rock télévisuel et obtient très favorablement l’apport de l’écran cinéma. Malgré tout, c’est un film à voir dans n’importe quelles conditions sauf les plus sérieuses : personnellement, je l’ai vu sur un tout petit écran, dans une salle dont les lumières ne voulaient pas s’éteindre, deux se&lt;br /&gt;Et qu’en est-il de la musique ? Evidemment, c’est l’atout majeur du film. Là où les rockumentaires habituels nous laissent écouter quelques démos, assister à trente secondes d’enregistrement et diffusent en boucle les gros tubes, celui-ci met tout à nu, et c’est gratuit : trentaine de chansons, enregistrements, concerts, répétition de jardin, chanson impromptue et acoustiques. Et quelles chansons ! !  Soyons franc : 90% des spectateurs ne connaissaient pas le Brian Jonestown Massacre, ou alors comme un simple nom, croisé furtivement sur Soulseek. Et pourtant … C’est peut-être le meilleur groupe inconnu du monde. En ce sens, oui, c’est le Velvet Underground post-moderne. Une bonne dizaines d’albums, tous aussi bon les uns que les autres, téléchargeables gratuitement sur leur site interne, où se côtoient allégrement l’originalité et les meilleurs groupes du monde (Velvet, Beatles et Stones réunis sur Straight up and down, Donovan –Hurdy Gurdy Man -sur The Devil May Care). Ceux qui connaissaient cet héritage se marrent et se délectent des chansons plus inédites, et ceux qui ignoraient tout découvrent l’ensemble, en une seul dose, une seule chanson. Quant aux Dandy Warhols, ne leur jetont pas la pierre, ils ont vraiment une poignée de bonnes chansons, individuellement meilleures que celles du Brian Jonestown Massacre, mais l’ensemble de la discographie de ces derniers les écrasent largement. Ne nous trompons pas, le Brian Jonestown Massacre est bel et bien le groupe de l’année, et ils le méritent largement.&lt;br /&gt;Bande annonce :&lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/acvision.asp?nopub=1&amp;cvid=18377831&amp;player=ASF&amp;debit=T&amp;emission=&gt;par ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. Locataires – Kim Ki Duk&lt;br /&gt;&lt;img width=500 heath=666 src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/50/65/18413159.jpg&gt;&lt;br /&gt;Il me semble qu’avec La Vie Aquatique, c’est le film de cinéma de l’année. C’est-à-dire un film qui se sert de tous les moyens qui lui sont donnés sans s’appuyer uniquement sur un scénario. L’histoire est simple, j’en ai même piqué le reliquat de départ pour un personnage très secondaire du mon Manuel de Cristallographie : un jeune homme coréen passe toute sa vie dans les maisons des autres. Le matin, il repère celles qui semblent vides et le soir il s’y introduit pour y passer la nuit et vivre dans la vie des gens sans rien voler d’autres que le contenu du frigo nécessaire à son repas. A ce titre, la première demi-heure du film est admirable : on le suit dans sa vie de tous les jours, sa solitude, ses errances, et la chaleur qui lui apporte des simples photographies ou des objets du quotidien. On a l’impression de toucher là à la véritable essence du vagabond, on pense à Dylan, Kerouac et même à Doherty par moment. En prime, il leur repart toujours une des choses que la vie moderne et ses horaires nous empêche de faire immédiatement.  Et un jour, le jeune coréen voit revenir les propriétaires de la maison dans laquelle il s’est introduite et assiste à la scène d’un mari, riche entrepreneur, battre sa femme. Au lieu de s’enfuir comme il l’avait initialement prévu, il va la secourir, laisse le mari pour mort, et s’enfuit avec la jeune femme. C’est la deuxième partie du film qui commence. N’importe qui en aurait fait un road movie plein de personnages folklorique. Kim Ki Duk en fait la fusion de deux êtres dans leur dissolution. Ils ne se parlent jamais. A peine une dizaine de phrases doivent être prononcées durant le film. Le jeune coréen accepte la jeune femme dans sa vie de tous les jours et ils continuent tous les deux à vivre la même movie, comme un négatif des couples à qui appartiennent  vraiment les maisons, comme leurs ombres, vides des faux sens que nous ayons de nous donner pour exister, paroles, travail, argent, sexe, problèmes, vides et presque morts, vides et plus que vivants. Ils deviennent des fantômes qui par leur présence questionne la vie des absents, les êtres vivants, et l’on sent bien qu’au lendemain matin, quand il s’en vont, les maisons n’ont plus rien de ce qu’elles étaient, quelques choses à changer, elles sont en vies et quand leurs propriétaires reviendront, ils le sentiront en eux, ils sentiront des questions, ils sentiront l’empreinte du couple en fuite, partout et nulle part, et si rien ne change, ils auront connu un jour ou deux la chaleur résiduelle de leur non-vie, réchauffant toute la glace dont nous pouvons recouvrir le monde. Et puis, dans la troisième partie du film, le mari encore vivant et bien remis retrouve sa femme, mets le jeune coréen en prison. Privés l’un de l’autre, ils continuent de vivre dans leur monde de silence mais perde leur chaleur. En prison, le corps du jeune homme continue de se dissoudre, de plus en plus, jusqu’à toucher à l’inexistence. C’est ainsi qu’il arrive à s’enfuir et à rejoindre la maison de la jeune femme. Il s’est bien que s’il la retrouve, ils continueront leur vie d’errances, âmes sans attache, âmes sans vie, juste de la chaleur. Alors il décide de rester dans l’ombre du mari de la jeune femme. Derrière lui, il touche un peu à la vie, celle qu’il a du écouter pour être libre, pour n’être plus que l’âme d’un homme, libéré de toute pression du corps, mais de toutes ces possibilités également. Il finit ainsi, ombre libératrice, esprit malin asiatique qui fait rire, comme elle ne l’a jamais fait, la jeune femme quand son mari à le dos tourné, parce qu’il a compris que la vie est froide et que la mort n’offre rien, il s’allie à son pire ennemi, le corps, dans ses absences, dans les moments où il ne peut être là, le sommeil et l’inattention, tout ces moments où l’âme, l’esprit prend le contrôle en chacun de nous. Ces interstices de vie dans notre simple présence de roc, d’objet indifférenciable des autres, maison comme toutes les maisons, si inutile quand il n’y a personne pour l’occuper, quand  c’est l’heure pour elle de devenir ce couple en fuite, quand c’est l’heure pour elle de vivre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bande annonce :&lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/intersticiel.html?cvid=18379238&amp;player=&amp;emission=&amp;debit=&gt; par ici&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114063392930904180?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114063392930904180/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114063392930904180' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114063392930904180'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114063392930904180'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/my-year-of-love-partie-2.html' title='My year of love (partie 2)'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114061506994985355</id><published>2006-02-22T14:17:00.000+01:00</published><updated>2006-02-22T14:31:09.966+01:00</updated><title type='text'>My Year of Love (partie 1)</title><content type='html'>Titre assez ironique étant donné l’année que ça a été pour moi, le cinéma, et la musique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Les meilleurs films de l’année 2005 :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;9. Last Days – Gus Van Sant&lt;br /&gt;&lt;img width=500 headth=666 src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/62/46/18421405.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La déception de l’année. Pourtant, vu le niveau de l’année 2005, il mérite une place dans le top. Déception pour pas grand chose d’ailleurs, simplement parce qu’après Elephant et à moindre dose Gerry, on attendait ce film avec impatience. Or il se contente d’adapter au thème traité le système des précédents. Un peu comme du mauvais Lars Von Trier. A cela, qui ne serait finalement pas si grave, il faut rajouter tout de même le défaut principal du film : il n’y a pas de scénario. Elephant avait un scénario au sens d’histoire, de vie, c’était l’histoire de jeunes adolescents qui se font tuer par eux-mêmes. Gerry, c’était deux frères qui se perdent dans le désert. Là, c’est une rock-star qui meurt. Ce n’est pas un scénario, c’est un acte. C’est quinze secondes. Et une heure et demi de mort, de vie, d’errance symbolique. Mais si on sent que quelque chose cloche, c’est que Van Sant n’arrive pas totalement à remplir cet temps, quoi qu’il y mette. Alors bien sûr, Michael Pitt est très bon, il l’est toujours en général. Mais le film à un défaut : il n’y a pas de personnages. Elephant avait John, Eli, Gerry avait les deux frangins. A la rigueur, Blake, bon, sa seule caractérisation, c’est quand il joue de la musique, et ça lui suffit. Les personnages secondaires par contre… Ils sont inexistants, s’il n’y avait pas le petit gimmick de guitare de Lukas Haas à la fin et Venus in Furs du VU, on pourrait vraiment se demander à quoi ils servent : autant les enlever non, si c’est pour qu’ils n’existent pas ? Oui , je comprends que c’est du cinéma pour le cinéma, que ça touche même à la beauté parfois et qu’on en sort indéniablement marqué. Je peux même concéder qu’entre Last Days et Walk The Line, Last Days est, en principe, préférable. Mais, parce qu’il y a un mais, le défaut de Last Days est qu’il cumule les déceptions : il n’y a pas de scénario + la musique est bonne mais rare + les personnages secondaires sont oubliables + le montage n’a rien de spécial et se perd en réutilisant des vieux principes= un peu trop de choses qui l’empêchent vraiment de fonctionner. Dommage, un seul de ces éléments aurait fonctionné au maximum, le film aurait été incontournable. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la bande annonce&lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/intersticiel.html?cvid=18385337&amp;player=&amp;emission=&amp;debit=&gt;par ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8. Moi, toi et tous les autres – Miranda July&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=500 headth=666 src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/79/78/18441059.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le mets huitième pour la conviction de Miranda July dont c’est l’esprit finalement qui est le scénario, les acteurs et la réalisation. Elle est mignonne, drôle, pathétique. Que demander de plus ? Oui, plus de consistance, pour sûr, plus d’idées de réalisation aussi. Mais il y a tellement de petits clins d’œil, sans cesse, qui reviennent. Les scènes ne sont pas hilarantes mais marchent sur la longueur : plus on s’attache aux personnages, plus on rit, plus on intrigué, plus on s’identifie, plus on attend des choses et plus on en est récompensé.  Si seulement la fin ne venait pas si vite. Si seulement le film ne s’arrêtait pas à simplement être démonstratif. Miranda July cherche à questionner l’âme, y échoue et n’arrive qu’à la montrer, ce qui est déjà pas mal. C’est peut-être là le défaut du film : il échoue dans son questionnement, et les produits de cet échec sont ce qu’il y a de mieux dans le film. Ce serait sans aucun doute une série extraordinaire sur le format des américain, un mélange parfait entre la forme des Sopranos et le fond de Six Feet Under. On ne pourrait qu’encourager, à genou, une initiative pareille d’un network américain comme HBO ou Showtime. Ça ne semble évidemment pas dans les cartons et il est presque trop tard. On hérite d’un film moyen, plutôt sympa. Il aurait fallu couper au moins la dernière demi-heure, sortir l’heure restante en tant que pilote et éviter de résoudre par la facilité la petite dizaine de complexes narratifs, fils emmêlés de vague à l’âme, d’interrogation existentiels et de folie. Allez, quelqu’un a bien du commencer une pétition quelque part, pour demander qu’une série soit faites de Moi, toi et tous les autres. Quel meilleur titre que celui-ci pour une série qui voudrait questionner l’âme d’un petit quartier comme un exemple de l’humanité ? Quelle plus grande joie que de retrouver Miranda July toutes les semaines ? Le problème de Moi, toi et tous les autres, c’est que c’est un film qui adapterait Six Feet Under au cinéma. Mais Six Feet Under, c’est une série et ça ne marche que comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la bande annonce : &lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/intersticiel.html?cvid=18396670&amp;player=&amp;emission=&amp;debit=&gt;par ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7. Mysterious skin _ Greg Arakki&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img width=500 headth=666 src=http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/52/97/18405510.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Typiquement, le genre de film dont la bande annonce est cent fois mieux que le film. D’ailleurs, à remarquer, le niveau des bandes annonces est très élevé cette année : garden state, sa musique et son montage mystérieux ;match point, bel opéra rappelant Beethoven au clavecin, révélation des personnages très charnels, voix off dans le meilleur esprit allen ; la vie aquatique et ceremony de new order ; last days qui réussit bien en une minute que le film lui-même en une heure trente, … Mysterious Skyn lui, a une bande annonce surréaliste, à la limite de la science fiction. L’histoire d’un jeune garçon qui a été enlevé par des extra-terrestre dans son enfance et cherche à retrouver un autre garçon enlevé en même temps que lui pour comprendre enfin la vérité, alors qu’au fil des images, nous comprenons que quelque chose de beaucoup plus sale ce cache là-dessous, dans les non-dits. Araki auraient du jouer de ça, de l’imagination d’un enfant, des non-dits, de l’inconscient. Au lieu de ça, il rentre très vite dans la chronique homo trash vue et revue qui vire vers la pédophilie, relativement inédite. L’enlèvement d’extraterrestre n’est qu’un prétexte, une bonne idée, vite évacuée dans l’esprit du spectateur. Araki ne sait peut-être pas que ce sont les prétextes qui durent le plus, que ce sont en eux que nous croyons le plus, et que c’est par le montage, le doute, qu’il aurait pu doucement révéler la terrible vérité comme elle se révèle au jeune garçon blond (oui j’ai oublié le nom, d’accord). Là, on oscille entre science-fiction et chronique trash, l'un détruisant l’autre, parce que la focalisation ne se fait pas sur un des deux personnages. Le garçon brun aurait du rester un personnage secondaire, mais son acteur, de par sa réputation ou son travail, occupe trop l’écran. Le film est tout de même 7ème parce qu’il crée une ambiance, que sa bande son contient du shoegazing, et même du shoegazing qui reprend Syd Barrett. Mais bon, encore une fois, et c’est la tonalité de 2005, un film en demi-teinte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;la bande annonce &lt;a href=http://www.allocine.fr/webtv/intersticiel.html?cvid=18377924&amp;player=&amp;emission=&amp;debit=&gt;par ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...à suivre dans la soirée...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114061506994985355?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114061506994985355/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114061506994985355' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114061506994985355'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114061506994985355'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/my-year-of-love-partie-1.html' title='My Year of Love (partie 1)'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114054600640694528</id><published>2006-02-21T19:19:00.000+01:00</published><updated>2006-02-21T19:20:06.410+01:00</updated><title type='text'>Paul (McCartney) est mort</title><content type='html'>L’un dans l’autre, trois parties, désarticulées. Une fois encore, j’étais dans un bus. Quelle putain de signification cela peut-il avoir ? Voyons : des années plus tôt, c’est dans un bus que j’ai pour la première fois pris conscience de l’existence de la perfide Céline et de son intérêt pour moi ; c’est en bus que je vais me rendre au travail ; Nate Fisher symbolise la mort de son père en le voyant partir dans un bus (Six Feet Under). Il doit y avoir encore d’autres significations. Quoi qu’il en soit, ce bus m’étaient des HEURES à faire un trajet qui prenait normalement une quinzaine de minutes. Chose drôle, dans ce bus, il y avait beaucoup de monde de ma connaissance, amis ou ennemis, souvenirs scolaires, dont la perfide Céline. Après un bon bout de temps et complètement exaspéré, je faisais ouvrir les portes du bus et descendant au milieu du trafic, dans une ruelle juste en face de mon ancien appartement qui n’était pourtant pas ma destination, suivi par tous les passagers du bus que je connaissais, et nous rentrons dans un immeuble à étage unique, sorte de hangar ou de magasin vide. Ok, ça se complique. Il se trouve que c’est la maison rectangulaire dans laquelle je me trouvais hier. Le groupe se disperse, moi je vais aux vestiaires et passe mon temps à saluer la foule compact qui s’agglutine autour de moi, gens du bus et autres personnes bien plus sympathiques. Nous buvons, rions, jouons de la musique, toutes guitares dehors, torses nues. Peut-être bien que le seul à avoir gardé sa chemise, c’est Paul McCartney. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/1600/macca.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/7195/211/320/macca.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, l’atmosphère est étouffante et nos sueurs créent de la buée. Je joue quelques morceaux avec Paul, l’un en face de l’autre, puis je vais de son côté, nous discutons de nombreuses minutes, glissant nos paroles dans nos oreilles pour passer par-dessus le brouhaha ambiant. J’entends qu’on m’appelle dans la pièce à côté mais ni prends pas grande attention. Une fille de ma connaissance nous interrompt, elle fait partie des bons, est très jolie et plutôt sympa mais que dire ? Je parlais avec McCartney, j’avais donc d’autres priorités. Pourquoi Paulo plutôt que John ? Musicalement je serai plus Lennon, c’est sûr mais quelque chose dans le visage de Paulo m’inspire la sympathie. On continue de m’appeler de l’autre côté et je sais que je n’ai plus le choix. McCartney veut rester dans les vestiaires mais avant de me laisser partir il me dit une simple chose : « tu es des nôtres », comme s’il me laissait rentrer dans ce petit cercle fermé, comme si les nôtres comme ils les appellent existaient encore, il m’invente à en faire parti, aucune symbolique dans la façon qu’il a de le dire, non, c’est une simple invitation, un carton d’invitation, informel et sans obligation de réponse. Pour cette scène, le directeur photo a choisi de tourner avec un filtre jaune qui fait tout ressembler à la couverture de ce livre sur Peter :&lt;br /&gt;&lt;a href="http://images-eu.amazon.com/images/P/0091910781.02.LZZZZZZZ.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px;" src="http://images-eu.amazon.com/images/P/0091910781.02.LZZZZZZZ.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la pièce d’à côté, tout un décor pour une séance photo a été installé. Des filles torses nues courent dans tous les sens. Je suis le centre de la séance photo, ça je le sais plus ou moins, ou en tout cas je m’en doute, et cela me fait prendre conscience petit à petit que les filles ne courent pas dans tous les sens, elles courent autour de moi, semblables à des Bodicée indiennes qui auraient capturé un cowboy romain. Je ne reconnais pas vraiment ces filles, ou alors celles que je reconnais vaguement m’importent peu. La séance photo est vite achevée, en réalité elle dure à peine le temps qu’il me fallut par analyser la scène et comprendre ce que m’arrivait. Le photographe, sympa, me jette mon pull pour que je me rhabille et ne prenne pas froid. Pour les filles, pas de bonnes intentions et elles n’ont pas l’air de s’en offusquer. Alors que j’allais sortir, je me rends compte qu’elle était là tous le long. La perfide Céline. Nue, joyeuse et splendide. Elle remarque que je l’ai vu et s’approche de moi, comme si elle ne m’avait jamais connu autrement que dans cette seule et unique séance photo. Un train plein de filles est déjà reparti vers les vestiaires. La pièce est désormais dégagé et je respire à nouveau. Céline me tiens les épaules, sans signe de rancœur ou de sentiment. Nous sommes simplement deux personnes qui viennent d’être pris en photo et qui font connaissance et j’aime énormément ça. Puis elle voit le pull que je porte et me dit : « Tu le portes encore celui-là ? On s’est connu deux semaines il y a deux ans et tu le portes encore. Il est encore plus horrible qu’avant ». Et je regarde ce pull et je vois qu’il est effectivement dégueulasse. C’est la première chose qui me frappe. Il est plein de poussière, cette même poussière qui s’élève de la terre des Eurockéennes, quand il n’a pas plut du week end et que les jeunes gens se mettent à sauter en l’air au son d’Interpol. Il y a même plein de trous, verticaux, partant de mes épaules et descendant jusqu’à la moitié de mon torse, comme des griffures. C’est une métaphore de ma relation avec Céline sans doute, des cicatrices assez moches que j’aime à oublier en les portant une ou deux fois par semaines. C’est seulement après avoir constaté la saleté que je me rends compte de ce que sa phrase signifie : il y aura toujours un passé. &lt;br /&gt;&lt;img src="http://lipilee.hu/images/lauryn.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dernière partie se situe je suppose entre 1 et 10 ans plus tard. Je suis dans la jungle, avec mon équipe, et la fille qui est avec nous me rappelle étrangement Céline. J’aurai du le savoir quand je l’ai embauché. Nous devons vacciner des animaux qui dégénère et deviennent dangereux. Pour l’instant, ce sont les gorilles qui sont touchés. Nous avons lancés des gaz endormants et balancé un peu à l’aveuglette une bonne centaine de flèches étourdissantes. Il faut ce qu’il faut, on a donné les moyens. A la hauteur d’un pont de bois qui passe par-dessus un minuscule filet d’eau, nous apercevons le corps d’un bébé gorille endormis qui nous tourne le dos. Prudemment, nous restons à l’extérieur des cinq mètres de sécurité. Le gorille a la tête cachée entre les jambes, ses membres pendent pathétiquement et son dos est courbé à l’extrême. Un de mes gars tire une fléchette de vaccin qui atterrit accidentellement dans l’anus proéminent du gorille. Immédiatement, je rajoute deux mètres au périmètre de sécurité. Le gorille bouge, sans doute tiré de l’oubli par le choc. Et c’est alors que quelque chose d’horrible se produit. Les poils du gorille nous paraissent soudain anormaux, il se redresse mais au lieu de s’arrêter, fait un tour sur lui-même à 180°, ses membres s’animent soudain à l’envers de ce que nous pensions, sur son dos se révèlent deux yeux effrayants et ce que nous pensions être son anus se révèlent enfin être sa bouche. Une araignée. Une araignée de plus d’un mètre de long. C’est ce que je me dis au moment où tout s’effondre autour de nous, les arbres, la végétation, le pont et j’ai le temps de voir l’araignée transformer toute mon équipe en bouillie, avant qu’elle ne s’approche vers moi et s’écroule contre l’arbre qui m’est tombé dessus, tuée par le vaccin, ses pattes touchant mon visage.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114054600640694528?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114054600640694528/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114054600640694528' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114054600640694528'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114054600640694528'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/paul-mccartney-est-mort_21.html' title='Paul (McCartney) est mort'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114045447753641734</id><published>2006-02-20T17:46:00.000+01:00</published><updated>2006-02-21T08:54:30.586+01:00</updated><title type='text'>Winning Days</title><content type='html'>Plus j’y pense, plus j’en viens à être persuadé que les années de 2002 jusqu’à 2004 étaient des exception, un eldorado, nos années 60 à nous et que nous sommes les seuls à nous en être rendu compte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images.amazon.com/images/P/B00022UTO8.01.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;A cette époque, un nouveau groupe sortait un disque d’enfer tous les mois, voire plus. Tous ne resteront pas, mais une bonne poignée le fera et chaque son semblait frais, revigorant, chaque chanson sonnait comme la bande original d’un monde à elle seule. A citer : The Libertines, Kings of Leon, Interpol, Sondre Lerche, Girls in Hawaii, The Kills, Hot Hot Heat, Adam Green, Postal Service, Polyphonic Spree, The Rapture, Ben Kweller, The Datsuns, Babyshambles Sessions, The Vines, …&lt;br /&gt;A cette époque, on pouvait, une fois par semaine, voir ou revoir un film exceptionnel et grand public dans une salle de cinéma d’art d’essai. Les thèmes étaient variés, les images bouleversantes et les ouvrages étaient parfait de bout en bout. A citer : Elephant, Adaptation, Ken Park, Elephant, Lost In Translation, Kill Bill, The Dreamers, Memories of Murder, Turning Gate, Anything Else, Carnets de Voyage, 2046, Old Boy, Eternal Sunshine…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.geocities.com/libsgallery2/babyshamblescoverdiana/back1.gif&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, plus rien, et même ceux révélés par l’époque échouent, répétitifs, perdus ou vendus : Strokes, Kills, Datsuns, Van Sant,… Le temps est au pastiche, à l’usurpation d’identité, l’époque est à la prétention et aux erreurs, pourtant si flagrantes, qu’il suffirait de gommer. &lt;br /&gt;L’histoire est finie, l’époque est close. Nous y reviendrons, plus vite que prévu, à force d’années de vaches maigres, il vaudrait même mieux que le monde entier l’ignore, mais pour nous, ce sera cette période là, et une ou deux autres, que nous essaieront de rappeler avec nos rêves et nos cauchemars. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit souvenir sous cloche, remuer pour voir la neige tomber : &lt;br /&gt;La chose qui me travaille peut-être le plus inconsciemment dans tout ce que je me rappelle de mon voyage à Paris, c’est une simple image aperçue une fois ou deux rues des martyrs. Il y avait ce bâtiment un peu plus grand que les autres, vieux d’un siècle, un peu plus, un peu moins, peut-être était-ce la face arrière d’un bâtiment de la rue Lafayette. Au dernier étage, il n’y avait pas d’appartement. C’était presque dans les toits. Il y avait simplement de très vieilles vitres de plusieurs mètres de large, jaunies par la saleté et rendu presque opaque par le temps. A travers elle, on n’apercevait comme des chiffons de toutes les couleurs. Au bout de quelques secondes d’attention se détachaient les silhouettes et les visages de personnages de carnaval, grandes marionnettes de papier mâché anéanties doucement par le temps. &lt;br /&gt;&lt;img src=http://parisneuvieme.blogspirit.com/images/medium_rue_des_martyrs_6.jpg&gt;&lt;br /&gt;J’ignore vraiment pourquoi elles m’ont tant marqué. Mais m’en rendre compte me fait déjà mieux respirer. Peut-être pourront-elles faire partie de l’histoire finale de Nos Nuits Ardentes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai encore une chose à confesser. Depuis quelques jours, je me sens mieux. Depuis que je me consacre au moins une fois par jour à Beg / Steal / Borrow. J’ai presque l’impression de me retrouver à l’été 2003, alors que tout était possible, que l’avenir existait encore, que les Babyshambles Sessions étaient encore neuves. J’ai à nouveau des idées pour Nos Nuits Ardentes, j’ai à nouveau envie de l’écrire, de l’écrire tout court, j’ai l’impression que ces vacances ne s’arrêteront jamais, ces quatre derniers jours sont passés plus doucement que toute l’année 2005, quand bien même il ne reste qu’une simple semaine, j’ai même foi en les jours qui suivront, j’ai même la prétention d’affirmer que je survivrai. Ou bien j’irai à Jackson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois qu’à un moment donné, j’étais Sacha, le personnage de Nos Nuits Ardentes. Et je me suis plus ou moins réveillé en sachant qu’il devait mourir. En fait, il y avait deux parties, peut-être sur plusieurs jours. Dans la deuxième, je/Sacha pouvait sauter comme je le faisais plus jeune, à l’époque où l’espoir existait encore, et rester à flotter dans l’air pendant plusieurs secondes, une minute même, tout en avançant. J’effrayais le gens ou les regardait m’applaudir dans une rue qui s’appelle la rue du Sauvage. Là, j’avais un appartement au-dessus d’un magasin, dans les combles, et j’y entrai par la fenêtre en sautant et en flottant. J’étais heureux de mes habilités, mais en même temps, je sentais que quelque chose clochait. Une fille venait me prévenir de cela. Je finissais à la cave, presque agonisant, attiré par une sorte de ruche gluante accroché au plafond. J’ai à deux endroits en même temps. Dans la cave et dans un bar. Dans ce bar, je voyais des gens en noirs tentant de tuer tous les consommateurs. Je savais que ces hommes en noir était comme moi. Je savais que je devais m’abandonner à la ruche pour disparaître de la cave et sauver ces gens dans le bar. Une fois entièrement là-bas, j’exécutais les hommes en noir, à mains nus. Je savais qu’ils étaient comme moi et que plus j’utiliserai mes pouvoirs, plus de mondes deviendrait comme les hommes en noir, avec des variantes de mes pouvoirs. J’étais le début de la dérive, et le seul qui pouvait l’arrêter. C’était un mélange de tous les films de Cronenberg, influencé par un visionnage de La Mouche en état de trop grande ébriété. Dans la première partie, beaucoup plus classique, j’étais dans une maison étrange, tout en longueur. Il y avait même des vestiaires. Dans une pièce, c’était le Nouvel An, avec bon nombre de mes connaissances, amis ou non. Il y avait une fille qui m’aimait dans cette pièce, c’était Gwenaëlle, la copine de Sacha. Elle était blonde je crois. Des cheveux plutôt bouclés. Je passais simplement la tête dans cette pièce et retournait aux vestiaires. Sans que je lui demande vraiment, elle me rejoignait et nous y faisions l’amour. Après, elle retournait au Nouvel An, moi je sortais, avec l’irrépressible besoin de m’enfuir. Je prenais d’abord un bus de nuit, y resta pendant plus d’une demi heure avant de me rendre compte qu’il m’emmenait à l’opposé de ma destination. Je demandais au chauffeur d’arrêter et il me laissa au milieu de nulle part, avec un chemin à travers les champs pour seule route. Je marchais, marchais et savais que ce chemin me ramenait vers l’étrange maison. Après tout, je n’avais qu’à la dépasser et continuer mon chemin. Venant dans ma direction, je croisais un homme, petit mais fort, aux cheveux gris, qui me proposait de m’aider à retrouver ma route. Je compris que c’était le père de Gwenaëlle seulement quand je la vis courir à notre rencontre, affolée. C’est là qu’il me frappa et sans doute me tua. C’est là que je compris que Sacha devait mourir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114045447753641734?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114045447753641734/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114045447753641734' title='4 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114045447753641734'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114045447753641734'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/winning-days.html' title='Winning Days'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114043161458887574</id><published>2006-02-20T11:25:00.000+01:00</published><updated>2006-02-21T08:54:44.316+01:00</updated><title type='text'>Marche droit, pour voir ce que ça fait</title><content type='html'>Peut-on arrêter de marmonner, de se plaindre un instant, de poser de question ? Considérons donc ce point d’interrogation comme barré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.stevenmenke.com/images/the_young_JC_web1.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Walk The Line  - James Mangold&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord : ce n’est pas du cinéma [cinéma, du mot cinématographique, par dérivé langage cinématographique, cf le site de Daniel Weyl dans mes liens pour une explication de ce concept plus que primordial). Nous sommes au niveau 0 du cinéma. Plus que 0 même. Toutefois à choisir, n’est-ce pas, il vaut mieux voir ça que Sheitan ou Munich dans nos complexes cinématographiques ou des films contemporains turcs ou allemands dans nos salles d’art et d’essai. Parce que, s’il a beau être le niveau 0 du cinéma comme les autres, Walk The Line à quelques qualités et autres avantages à mettre en avant. Déjà, la musique. Sans commentaire autre que ça, la musique, jouée, interprétée, sous-titrée pour ceux qui ont du mal avec l’anglais et les autres, et soulignée. Ça se suffirait à elle-même. Ensuite, Johnny Cash, sa vie, son personnage, son histoire, sa femme. Enfin, des acteurs tous impeccables, jusqu’au moindre petit second rôle, à commencer par Joaquim Phoenix et Reese Whiterspoon, jolie, simple en brune, presque aimable. Voilà, rien que pour ces trois choses, on est, avec un tout petit peu de sens, forcé de choisir ce film-là parmi tous les films à l’écran ces dernières et prochaines semaines. La plus forte approximation pour qualifier ce film serait peut-être le terme de pochette. C’est une pochette, énorme, animée, en couleur, avec des photos, des paroles, des voix, des discours, des dialogues, une histoire. Pour un tiers du prix d’un cd, on peut avoir cette pochette. C’est plutôt pas mal. Nous étions 16 dans la salle, un vendredi soir, pendant les vacances. Autant dire que la nullité, la débilité, l’ingratitude, et tout simplement, le vide, domine cette bonne vieille terre. &lt;br /&gt;Alors évidemment, c’est un très mauvais film, malgré que ce soit le meilleur du mois. On croirait voir une photocopie couleur du biopic Ray de l’année dernière. Même photo, même façon d’articuler l’histoire, même pauvret fil conducteur du frère décédé et de la drogue comme s’ils étaient liés, mains dans mais, bras après bras. C’est téléphoné, mais on échappe à une morale dictée à haute voix, ou toute autre dictature de facilité de scénario. Pour le reste, c’est pas vraiment mieux, peu d’idée dans la réalisation, aucune dans le montage, pas vraiment d’image plus belle que d’autres, de cadres mieux composés. On reste dans une bête trame qui se déroule sous la conduite d’un guide d’écriture de scénario à 20 euros en commande à la FNAC. C’est dommage il y avait peut-être deux ou trois choses à en tirer quand même. Il y avait moyen de faire un très grand film, un film qui tiendrait les années, qui en montrerait aux petits jeunes. Eh bien non. Ce n’est pas un film qu’on acheterait en dvd. C’est un film qu’on se ferait offrir. C’est un film qu’on trouverait, dans un boitier de cd, par-dessus un Greatest Hits, contre la face avant, coincé sous ses drôles de petits rivets de plastiques, mais si, vous savez…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.age-net.co.uk/music/johnny_cash/Johnny%20Cash%20-%20The%20Legend%20Press%20Shot%202.jpg&gt;&lt;br /&gt;Allez, dans un post précédent, je parlais de liberté, bla bla, personne ne lisait de toute façon, bla bla bla. Un petit poème donc, composé à la sortie du film (dans ce même post, je parlais aussi d’art minable, hein, alors chut).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici gît Johnny, &lt;br /&gt;Joueur de mots, joueur de balles, &lt;br /&gt;Sous cette pierre&lt;br /&gt;En rectangle de robe noire&lt;br /&gt;d’où jamais on ne revient&lt;br /&gt;C’est bien lui,&lt;br /&gt;Le dresseur de cordes, &lt;br /&gt;Etouffé au pied d’un arbre, &lt;br /&gt;Depuis quand n’est-il plus que d’os,&lt;br /&gt;Des années oh des années&lt;br /&gt;Depuis quand voit-on sa chair tendre&lt;br /&gt;Au clair de lune sur la pierre danser ,&lt;br /&gt;Tant d’années oh tant d’années&lt;br /&gt;Et ses cheveux au vent s’envoler, &lt;br /&gt;Pour une simple chanson de voix perdue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par delà, les gimmicks, les siens et les miens, le film m’a donné un peu de ce vieux sentiment, la confiance, en toutes ces choses, l’avenir, le monde, les gens, et pour ça, seulement ça, il mérite les flammes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://us.movies1.yimg.com/movies.yahoo.com/images/hv/photo/movie_pix/twentieth_century_fox/walk_the_line/_group_photos/reese_witherspoon14.jpg&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114043161458887574?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114043161458887574/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114043161458887574' title='3 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114043161458887574'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114043161458887574'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/marche-droit-pour-voir-ce-que-fait.html' title='Marche droit, pour voir ce que ça fait'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114025836949804885</id><published>2006-02-18T11:25:00.000+01:00</published><updated>2006-02-21T08:55:02.866+01:00</updated><title type='text'>Les Rêveurs</title><content type='html'>Où en suis-je aujourd’hui ? Alors comme ça je commence un nouveau blog ? Pourquoi faire ? Un nouveau blog que personne ne lira, une nouvelle suite de mots trop vites écrits, de films mal vus, chronique de souvenirs qui n’en sont pas encore, toutes ces choses que moi seul lit, des mois plus tard, en regrettant ce temps qui pourtant ne change jamais, coule, indivisible, un et un seul, le temps de ma quête contre le temps. Faire semblant que je ne suis pas sur la route de l’oubli. Que chaque pas, chaque jour qui passe, chaque seconde qui s’écoule, ne m’amène pas vers la destruction, l’annihilation de ces mots de peu de sens, la fin de tous les rêves qu’ils semblent engendrer, rêves d’un futur, rêves d’un passé, rêve d’un présent, qui n’ont jamais été que des bribes de réalité, des possibilités impossibles si proches mais séparés de moi par une plaque de verre. Je sais que jamais ces mots n’entreront dans le sens de l’histoire, je sais que jamais ils ne seront publiés, jamais ils ne serviront à ma publication, que jamais ils ne seront lus par quelqu’un d’autre que moi et une poignée éventuelle d’inconnus qui se sont trompés de chemin. Pourquoi les écrire alors ? L’art pour l’art. L’art minable pour l’art minable. Le minable pour le minable. Minable pour minable, autant continuer, si on est en capable. Tant que je le serai, je continuerai. Nos estimations de durée de vie pour ce blog vont d’un mois à la vie entière. Pourquoi ne pas tenter. Rappelle-toi ce que tu as perdu à Paris, c’était bien non ? L’espoir. &lt;br /&gt;A un moment, ne faut-il pas perdre tout espoir ? A l’âge adulte, à celui où les routes se ferment, où il n’en reste plus qu’une, toute tracée, ne faut-il pas perdre l’espoir ? Ce n’est que mimes et mensonges dessinés par une main cruelle pour te faire accepter la pilule, tu le sais bien. &lt;br /&gt;Sauf que si vous me connaissez comme je me connais (à qui parlé-je), vous savez que l’espoir, je ne connais que ça, c’est dans mon génome. &lt;br /&gt;Sans espoir, je suis libre de faire ce que je veux. Tout. La poésie libre. L’art libre. Cela commence demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…Eh bien je dois avouer que j’ai du mal avec ça. Ma seule liberté, la seule que je prends, c’est celle de me mettre à nu sur internet. Comme si j’enlevais mon futal dans une ruelle très sombre, un petit cul de sac, au beau milieu d’une zone industrielle, derrière une usine désaffectée, à 3h20 du matin, le 15 août, le lendemain d’une attaque nucléaire, derrière un carton. On ne sait jamais, une chance sur mille que quelqu’un vienne dans cette ruelle à ce moment précis. 1 chance sur un milliard que ce soit une jolie fille qui rit en me voyant, se retourne pour me laisser le temps de me rhabiller et qui se mettent à me parler. Je tente le coup ? Est-ce que je vais dans cette ruelle, est-ce que je baisse mon futal ? Combien de temps dois-je attendre ? Est-ce que je tente le coup ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Meilleurs albums de 2005 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Babyshambles – Down In Albion&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B000BQ7C5Y.08.LZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Que dire ? Se reporter au post « Pourquoi Down In Albion est une tragédie » dans tahitirainsong.blogspot.com pour le sens de l’album et cette dernière partie depuis What Katy Did Next est formidable (d’ailleurs, c’est la première chanson que j’ai entendu de l’album, un soir de novembre, sur internet, frileux, glacé, le souffle court, puis réchauffé, le sourire au lèvre, avec Geoff). Un album long, donc un album à s’approprier, sur lequel il faut choisir ces chansons, des moments d’anthologie, des moments très nuls, une poignées de petits singles (Fuck Forever, A Rebours, 32nd of December, Pipedown) qui font plaisir et dépassent allègrement la moyenne des Libertines (la moyenne hein, pas le meilleur), un style très différent de tout ce qui a été fait avant. Une année normale, il ne serait pas devant, mais l’année est assez faible, il n’y a pas eu de Blonde Redhead, Sondre Lerche, Postal Service, Adam Green période « Friends Of Mine », Girls In Hawaïï , …&lt;br /&gt;2. The National – Alligator&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B0007LCNKM.08.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Vus live. Vraiment bien, aucune chanson bouche trou, des paroles magnifiques, très littéraires, une voix envoûtée. Ne manque que l’énergie et la conviction sur toute la longueur de l’album. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Sophie Auster – Sophie Auster&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B000B9ROKO.08.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Que dire ? Elle m’a réconcilié avec la gent féminine. Je suis tombé amoureux d’elle. Elle a annulé son concert à Strasbourg. Voix et âme incroyable dans les chansons alors qu’elle n’avait que 16 ans. Chansons adaptés de poésies tendances surréalistes par Paul Auster lui-même. On regrette simplement que le groupe derrière ne soit pas plus vivant. De toute façon, rien que pour être le gendre de Paul Auster, je pourrai dire que cet album est le meilleur de tous les temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. Baxter Dury – Floorshow&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B0007L7TP6.08.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Pas tant écouter que ça. Et pourtant il est quatrième, c’est dire sa qualité. Lui est peut-être l’inverse de tous les albums listés précédemment : il a une âme, incroyable, étrangère, tous le long de la petite demi-heure qu’il dure. Je ne sais pas d’où elle vient, elle ne me ressemble pas, elle ne ressemble à aucun lieu, aucune atmosphère que je n’ai jamais connu et pourtant en moi elle trace une carte inconnue aux odeurs de vieux ports anglais, de chambres dans la pénombre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. Grab that gun – The Organ&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images.amazon.com/images/P/B0002DOCEK.01._AA240_SCLZZZZZZZ_.jpg&gt;&lt;br /&gt;Et si les Smiths étaient des filles et avaient un clavier. Ils seraient The Organ. Pas besoin d’en rajouter, musique impeccable, pratiquement que des chansons excellentes qui s’enchaînent sans perdre haleine, mais bien sûr, pour l’originialité…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6. The new fellas – The Cribs&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B000BZ4XI4.08.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Avec The Cribs nous entrons dans la droite ligne des petits groupes rocks indés racés Strokes/Libertines. Les années d’avant, on aurait pu en trouver plein dans ce genre de listes, et plutôt dans les premières lignes. Cette année, le genre s’est terriblement essoufflé sous le coup de nouveaux albums bof bof ( Franz Ferdinand, Strokes,…) et de nouveaux groupes beurk beurk (Kaiser Chiefs, Arctic Monkeys, Hard Fi, …) qui se réclament de la nouvelle vague indés, possèdent de bons singles, se laissent écouter, mais n’ont rien derrière, s’oublient vite, et dégoûtent à la longue. La plupart paraissent sans conviction et font penser à des groupes de vieux briscards qui s’achètent des converses et rajoutent un « The » à leurs noms. Avec les Cribs, ce n’est pas pareil. On a affaire à un petit album sans prétention, sur lequel le groupe s’amuse, fait du bruit, prend des guitares acoustiques, chante mal et ravi les oreilles. Pas de prétention, des chansons rapides, un enregistrement sincère, un peu d’humour, du tempo. Bon disque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7. A certain trigger – Maximo Park&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B0007VXZJK.08.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Apply Some Pressure, sans être ma chanson préférée, m’a sauvé la vie l’année dernière. En plus, l’album est varié, le chanteur y croit dur comme fer, même s’il y a trop de bouches trous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8. The Back Room – Editors&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B0009Z5R3Q.08.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Au concours de sosie, ils gagnent. Un croisement entre les Chameleons et les Psy Furs qui fait penser à Interpol (qui eux rappelons-le, étaient un croisement entre Joy Division et Television).  Malgré tout un telle recette quand elle est exécuté par des jeunes chefs très doués est toujours un classique agréable, facile à digérer, et goutteux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;9. Bang Bang Rock’n’roll – Art Brut&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B0009C2UUC.01.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Dans le top parce que drôles, fous, référencés, et parce qu’ils ont composé la chanson de l’année, oubliée de tout les tops : Emily Kane. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;10. Alternative to love – Brendan Benson&lt;br /&gt;&lt;img src=http://images-eu.amazon.com/images/P/B000BZ4XCA.08.MZZZZZZZ.jpg&gt;&lt;br /&gt;Bonne élève. Voix pas mal, chansons pas mal. Easy listening, même si c’est très mal mixé pour ce que c’est. Mérite de figurer dans un top, pour l’effort et la gentillesse.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114025836949804885?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114025836949804885/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114025836949804885' title='3 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114025836949804885'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114025836949804885'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/les-rveurs.html' title='Les Rêveurs'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-22502842.post-114009938657823051</id><published>2006-02-16T15:06:00.000+01:00</published><updated>2006-02-21T08:55:20.853+01:00</updated><title type='text'>Beg / Steal / Borrow</title><content type='html'>Je dois retrouver ma vie. Comme un drogué, comme un imbécile, comme un vieillard. Je supplierais, je volerais, j’emprunterais pour ça. Bien sûr, avant, je dois savoir où je l’ai perdu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’année dernière. Ça c’est sûr. Plutôt au début d’ailleurs. Et puis quand j’y pense, c’est étrange, parce que sans ma vie, j’ai tout de même écrit le Manuel de Cristallographie, soit ma meilleure œuvre à ce jour. L’aurai-je perdu tout de suite après, ou en l’écrivant ? Je pourrai dire que l’écrire m’a vidé, que le livre m’a emprunté ma vie et que c’est exactement pour ça que j’attends avec angoisse les réponses des éditeurs, parce que j’attends simplement qu’ils me rendent ma vie. C’est tentant, mais ce serait oublié quelque chose d’important : mes quatre mois de travail l’année dernière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Forcément, même sans y penser, je sais que c’est bien ça la principale cause de la disparition de ma vie. Pourtant, j’ai vécu de belles choses, très importantes, pendant que je travaillais : aller à Strasbourg pour voir Garden State, cette soirée spéciale DIG ! où j’ai vu Camille Goemans, voir In The Mood For Love en plein air tout en dégustant un milk-shake fraise, aller à Paris, rencontrer Coco Rosie aux Eurockéennes, me baigner en plein orage. Essayons de trouver les différents moments où la carapace s’est brisé. &lt;br /&gt;La soirée en janvier 05 où je me suis pris une si grosse cuite que je me suis retrouvé à chanter presque nu sur une scène. Pas terrible, pas spécialement gratifiant mais bon, ça peut encore aller. Précisément, ça m’a montré que même bourré, personne ne veut chanter Time For Heroes avec moi.&lt;br /&gt;&lt;img src=http://www.boysintheband.co.uk/timeforheroes.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pré-soirée où j’ai appris la note de mon mémoire et où je l’ai jeté par la fenêtre. Ma première prise de conscience que jamais, quoi que je fasse, n’importe quelles études, mon travail ne pourra être accepté par l’establishment. &lt;br /&gt;A Strasbourg, après Garden State, quand j’ai volé une affiche de Chet Baker. Malgré tout, j’avais encore des principes.&lt;br /&gt;&lt;img src=http://fraser.typepad.com/photos/uncategorized/garden_state.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seule et unique fois où je vis Camille Goemans, comme d’habitude, rongé à vie par les remords et pourtant bien conscient que le personnage que j’en ai tiré est beaucoup plus intéressé qu’elle n’aurai jamais pu l’être, quels que soient ses efforts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là je confonds les bons et les mauvais souvenirs, non ? Disons que ce sont tous des pierres sur mon chemin, le chemin vers la destruction de l’adolescent qui est en moi. Ça ne me dérange pas plus que ça. Mais si c’est en lui qui réside mes facultés à écrire, rêver, être amoureux, qui y a t’il en l’autre ? L’adulte. L’argent, le travail, la fin qui justifie les moyens ? Plutôt crever. Bien que c’est ce que la société tout entière attend de moi comme elle l’attend de chacun d’entre nous. Peut-être que cet adulte est une coquille vide. Ça expliquerait pourquoi j’ai l’impression d’avoir de nouveau 14 ans et d’être un imbécile. Si c’est le cas, alors tant mieux. A moi d’attendre, attendre que cet esprit s’ouvre, soit prêt à recevoir tout ce que je veux conserver de l’adolescent et tout ce que je veux créer de toute pièce, pour lui. J’y mettrai aussi, allez, ne soyons pas vache, un peu de compétences dans le travail, juste de quoi acheter à manger, des cds, et me sentir à mon avantage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois quand même parler de deux événements, sans ordre chronologique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux Eurockéennes, le premier soir, alors que j’avais déjà vu Coco Rosie et que j’avais enchaîné ma journée de travail avec ma journée de concert, je me suis senti extenué. Vraiment, à en dormir debout. Quoi de plus naturel, j’étais fatigué. Pour me retaper, je me suis payé une crêpe, j’en ai mangé deux bouchées et je l’ai jeté. Et là, je suis allé m’assoire dans la pénombre. Je ne sais pas ce qui c’est passé. J’en suis ressorti peut-être cinq minutes plus tard, en pleine forme. Je me suis réveillé. J’ai switché. Un clic, et ce n’était plus moi. Un déclic, et l’adolescent, vidé de ses forces, ne pouvait plus maintenir le contrôle de mon corps. L’adulte, tapi dans l’ombre, lui cédait sa place et se proposait de le relayer un peu. Depuis, il n’a jamais voulu céder sa place en retour, et toutes mes interrogations, mes désespoirs et mon ennui ne sont que les dommages collatéraux de la guerre qu’ils se font à l’intérieur de moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://simplemission.typepad.com/photos/uncategorized/coco1&gt;&lt;br /&gt;Et dans cette chasse à la recherche de ma vie, de mon âme, comment ne pas mentionner Paris. La première nuit, ok je l’admets, j’ai pété un plomb. Mais j’étais seul dans une grande ville, j’avais payé cela avec mes économies et je ne savais tout simplement pas quoi faire. Non c’est vrai, je ne connaissais pas le métro et j’étais déçu par la première vision de mon quartier, malgré Montmartre. Pourtant, les signes que j’étais au bon endroit ne manquait pas : croiser Devendra Banhart dans la rue, voir un épisode surréaliste de Lucky Luke où Woody Allen à la vedette, etc. Au fond, c’est vrai quand même : c’était décevant. Pourquoi ? Parce que c’est comme partout. Comme chez moi. Parce que les gens avaient les mêmes têtes, gros durs ou gens normaux. Parce que les filles ne me regardaient pas, parce que les poèmes ne me sautaient pas à l’esprit, parce qu’on ne me dressait pas de couronnes de lauriers, parce que rien n’était gratuit, parce que rien n’était extraordinairement beau, parce que rien n’était exceptionnel, parce que rien n’était magique au premier coup d’œil. Evidemment, j’ai appris à apprivoiser ces sentiments et à voir qu’ils étaient faux. Mais quand on dépense beaucoup d’argents en frais matériels (train, hôtel) de l’argent qu’on a passé des mois à économiser en y pensant, de l’argent qui nous à aider à tenir le coup pendant qu’on travaillait, qu’on voyait tous nos rêves s’évanouir, dévorés par la réalité, ses dents acérées, sa noirceur en expansion, on attend d’être sauvé, d’être arraché à la vie, entrer en Arcadie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=http://personal3.iddeo.es/masters/comicos/imagenes/tapadera.jpg&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh Oh Oh Oh I left something in Paris…  L’espoir, peut-être. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je supplierais, je volerais, j’emprunterais …&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/22502842-114009938657823051?l=begstealborrow.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://begstealborrow.blogspot.com/feeds/114009938657823051/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=22502842&amp;postID=114009938657823051' title='3 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114009938657823051'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/22502842/posts/default/114009938657823051'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://begstealborrow.blogspot.com/2006/02/beg-steal-borrow.html' title='Beg / Steal / Borrow'/><author><name>paul_austère</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13549855088830080160</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='00969030502615332896'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry></feed>